« Je ne connaissais rien aux forêts » : l’expérience d’une propriétaire guidée

Dans notre manifeste Forêts vivantes, territoires résilients, nous metton en lumière un fait : la majorité des propriétaires forestiers privés manquent de conseils et d’accompagnement pour gérer durablement leurs bois. L’exemple de Madame Humblet en est une illustration concrète : une propriétaire animée par la volonté de bien faire, mais confrontée à la complexité de la gestion forestière. Par où commencer ?

Forêt de Mme Humblet

Une forêt acquise, sans mode d’emploi

Madame Humblet a acquis en avril 2021, avec sa sœur, une propriété située à Castel et Bézenac comprenant environ 2,7 hectares de bois. Elle se chauffe au bois et souhaite prélever chaque année une dizaine de stères tout en préservant l’équilibre écologique et économique de sa forêt.

Comme elle l’explique : « Quand j’ai acheté la maison, il se trouvait qu’avec la maison il y avait 7 ha de terrain dont 2 ha de forêt et en fait je ne connaissais rien à rien à la nature. »

L’ancien propriétaire se chauffait déjà au bois et prélevait directement dans les parcelles. En arrivant, elle comprend qu’elle devra s’en occuper, sans savoir comment : « Quand je suis arrivée je me suis rendue compte que j’allais devoir m’en occuper, j’avais aucune idée de comment faire.

La rencontre décisive avec l’accompagnement forestier

C’est par hasard, durant une conférence que Mme Humblet nous découvre : « Il y avait quelqu’un de Cœur de Forêt qui expliquait un petit peu. J’ai pris le petit dépliant et je me suis dit bon voilà les gens qu’il faut que je contacte et qui vont peut-être pouvoir m’aider. »

Sa démarche est motivée par une volonté claire : « Gérer au mieux sa forêt par rapport au changement climatique, par rapport à la biodiversité, de ne pas faire de bêtises. »

Mme Humblet et Frantz Veillé
Frantz regarde la surface terrière
Mme Humblet dans sa forêt

Une mosaïque forestière révélée par le diagnostic

Son diagnostic forestier a permis d’identifier cinq peuplements distincts sur la propriété :

  • un perchis xérophile issu d’une coupe rase ancienne,
  • une chênaie sempervirente exposée au sud-ouest,
  • une chênaie pubescente à petits bois riche en essences d’accompagnement,
  • une futaie mélangée irrégulière très diversifiée,
  • une chênaie fraîche au nord, au potentiel sylvicole élevé.

Cette diversité constitue une richesse écologique mais nécessite une gestion adaptée pour concilier biodiversité, production de bois et résilience climatique.

Focus sur la futaie mélangée irrégulière : une forêt structurée pour l’avenir

Prenons l’exemple d’une futaie mélangée irrégulière sur un versant nord-ouest pentu. Elle se distingue par la diversité des essences et des diamètres d’arbres. La présence de pins maritimes et d’essences d’accompagnement renforce sa résilience.

Sa structure complexe favorise fortement la biodiversité. La stratification verticale et les très gros arbres vivants créent de nombreux micro-habitats. La proximité d’une prairie améliore aussi les conditions d’accueil pour la faune et la flore.

Ce peuplement se prête bien à une sylviculture irrégulière. Des prélèvements ciblés maintiennent un couvert continu. La régénération naturelle est ainsi favorisée.

L’Indice de Biodiversité Potentiel est assez élevé. La richesse spécifique et la structuration verticale y contribuent. Des milieux rocheux et plusieurs dendro-micro-habitats renforcent cet intérêt écologique. La prairie voisine au sud augmente encore les potentialités d’accueil.

Schéma de la forêt de Mme Humblet
Orchidée nid de poule

Apprendre à lire sa forêt

Connaître sa forêt c’est bien mais apprendre où poser son regard est un luxe. Ainsi, l’accompagnement a transformé la vision de Madame Humblet sur sa forêt : « Ils me disent des mots que je sais pas à quoi ça correspond donc j’suis obligée de me renseigner. »

Elle constate que cet accompagnement a renforcé son intérêt pour le vivant : « L’intérêt pour la biodiversité, pour la nature, a été augmenté par le fait d’être en contact avec Cœur de Forêt. »

Et l’apprentissage dépasse même la forêt : « Pour le moment j’ai peut-être plus appris sur les oiseaux que vraiment la forêt mais… tout vient en mangeant. »

Sa priorité reste la préservation du vivant : « Mon souci pour la nature était plus important que le bois de chauffage. »

Il est important pour Mme Humblet de comprendre la complexité du vivant. Ainsi, le diagnostic et ses lectures ont aussi transformé sa perception des écosystèmes :  « À quel point tout est micro-équilibres… à quel point on ne connaît pas.»

Une relation renouvelée à la forêt

Depuis qu’elle vit au contact quotidien de la forêt, elle décrit une expérience profondément apaisante : « Le côté harmonieux de la vie quand on se promène en forêt… l’espèce de sensation de bienfait d’être au milieu d’une forêt. »

Sans accompagnement, Madame Humblet n’aurait probablement jamais exploité son bois. Maintenant, elle souhaite réaliser une coupe ciblée issue d’une sylviculture irrégulière, permettant :

  • de favoriser les jeunes tiges,
  • d’améliorer la structure forestière,
  • d’alimenter une scierie locale

Car oui, nous avons tous besoin de bois.

Un exemple révélateur

Le parcours de Madame Humblet illustre clairement le constat porté dans notre manifeste. De nombreux propriétaires souhaitent bien faire, mais manquent d’outils et d’accompagnement adaptés.

Grâce à un diagnostic précis et à un suivi adapté, la forêt devient une ressource comprise. Elle est aussi respectée et mieux transmise. Cet écosystème constitue alors un véritable pilier pour des territoires résilients.

Sa démarche repose sur une volonté claire. « Gérer au mieux sa forêt face au changement climatique et à la biodiversité. » Elle souhaite surtout éviter de faire des erreurs.

Coeur de Forêt publie un Manifeste sur les forêts françaises

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