• Alice Gontier

La saison des plantations d’arbres débute. Tour d’horizons de nos projets de reforestation !

Dernière mise à jour : nov. 10


La saison des plantations d’arbres débute. Tour d’horizon des projets de reforestation.


À travers le monde, la plantation d’arbres, c'est rarement quand bon nous semble ! Dans les régions tempérées comme en France, c’est une fois les feuilles tombées en automne, la sève circulant moins et le métabolisme de l’arbre au ralenti, qu’on plante les arbres. Ils reprendront pleine vigueur et habiteront confortablement la nouvelle terre qui les accueille désormais au printemps suivant. Pour les zones tropicales, c’est un peu différent, car c’est l’alternance saison des pluies et saison sèche qui rythme la nature plutôt que l’automne et le printemps. On commence à planter à l’arrivée de la saison des pluies.


En ce mois de novembre, l’ensemble de nos projets sont fins prêts pour attaquer les plantations.


En Bolivie, le début de mise en pépinière a débuté courant mai avec pour objectif d’atteindre 20 000 arbres plantés d’un peu moins d’une vingtaine d’essences différentes. Cette année la campagne de plantation est motivée par notre volonté d’améliorer l’efficacité des campagnes de reboisement et de travailler sur de plus grands espaces avec un nombre réduit de partenaires. L’initiation de deux éventuels partenariats avec les communautés de Santiago grande et de Mururata, avec l’appui de Caritas, vont en ce sens. Pour clarifier les enjeux et besoins des différentes communautés de notre région d’intervention, identifier les moyens à mettre en œuvre pour des partenariats de confiance et long terme avec les communautés, nous entamons un diagnostic forestier : accès au foncier, gouvernance, motivations individuelles, ressources disponibles, cultures locales, état de la biodiversité, tout autant de sujets à étudier qui permettront la mise en place de modèles de plantation et de stratégies de préservation efficaces.


En Indonésie, à la mi-octobre, l’inventaire des plants en pépinière montrait : 70000 plants vivants, 5000 plants morts, et 9000 plants vivants sur les pépinières décentralisées à destination des plantations agrosylvopastorales, portant le nombre total de plants en pépinière à 79000. L’objectif initial de plantation de 50 000 arbres pour la campagne 2021/2022 va donc être largement dépassé et nous tablons désormais sur la plantation de 75000 arbres.


Pour restaurer les écosystèmes forestiers, augmenter les surfaces boisées et les préserver sur le long-terme, la recherche botanique et agronomique en lien avec l’arbre est indispensable. C’est pour cela que nous réalisons un diagnostic forestier complet de la zone. Travail bibliographique, recherches de cartes et travail de cartographie de la zone à étudier, collectes de données chiffrées et qualitatives auprès des instances locales (bureau local des forêts et bureau de l’élevage), sont autant d’étapes indispensables pour définir des modèles de plantation efficaces sur la durée. Les plantations répondront aux enjeux de 3 types de zones : zones déboisées de type savane qualifiées de « Forest mosaic », le regarnissage de forêts par enrichissement et enfin l’association d’arbres fourragers avec production de bois d’œuvre ou de fruitiers. La majeure partie des reboisements de la campagne 2021/2022 devrait être réalisée selon ce dernier modèle au vu de la forte demande de la part des producteurs de la zone.


Sur les zones de reboisement communautaires initiés depuis 2019 : Keka Boke, Nangge Mbaa et enfin Wolonelu, ce sont 100 000 plants additionnels de Gliricidia (Gliricidia sepium) plante maitresse de notre stratégie de lutte contre le feu sur ces zones, et qui vont être plantés en regarnissage ou en nouvelles plantations.


Gliricidia sepium, espèce résistante au feu, à croissance rapide et fertilisant le sol, doit

permettre de composer avec le feu, de mieux y résister, plutôt que de lutter uniquement

contre les flammes par la mise en place d’allées pare-feu. Cette espèce est plantée

densément, sous forme de macro-boutures. La stratégie est composée de plusieurs

étapes. Dans un premier temps, permettre le développement d’un couvert forestier

dense, grâce au Gliricidia sepium, qui réduit la présence d’herbes basses sèches, plus

propices à propager les flammes lors d’un incendie. Puis une fois le couvert forestier

bien installé, nous pouvons entamer de diversifier l’écosystème forestier.


Cette stratégie semble déjà intéressante, car sur l’ensemble de la zone Nangge Mbaa, malgré le passage du feu, nous observons des essences (Leucaena leucocephala et Calliandra calothyrsus) issues de semi-directs et de plantation des années précédentes qui ont résisté au feu et continuent de se développer et de se démultiplier.


4 parcelles pilotes sur des zones critiques (zones brulées pour les besoins de l’élevage bovin), d’une surface au total de 3,7 ha, feront l’objet dès le départ de l’implémentation d’un protocole de suivi d’impact.


À Madagascar, sur le projet Antsirabe, 150 000 jeunes plants vont être disponibles et prêts à être plantés dont au moins 60 % d’essences endémiques, et pour un total de 12 essences différentes pour la campagne 2021-2022. Augmenter les surfaces boisées permet de limiter la pression sur les ressources et la biodiversité et préserver les sols de l'érosion.

Notre association possède ses propres pépinières, mais nous accompagnons progressivement de nouvelles pépinières à se créer. 56 plates-bandes ont ainsi été construites sur le terrain public de la DREED du Vakinankaratra (Direction Régionale de l’Environnement et du Développement Durable). Cet appui prévu dans le projet permet d’accompagner la DREED dans la mise en place d’une pépinière plus durable, lui évitant chaque année la reconstruction d’une pépinière temporaire de fortune. Selon la taille des sachets (pour petits ou gros plants), chaque plate-bande peut accueillir entre 1500 et 3000 plants. Cette pépinière servira essentiellement à assurer les besoins en reboisement de producteurs individuels. Au sein de notre pépinière à Ibity, les semis ont commencé dès le mois de mars dernier pour les essences à croissance dite « lente », et ont été complétées au 2d semestre par les essences à croissance « rapide ».

Comme pour la plupart de nos projets, nous travaillons également sur un diagnostic forestier à l’échelle du territoire. Les premières conclusions du diagnostic forestier ont été réalisées auprès des bénéficiaires des études de cas : Mandoto, Ibity, Soanafindra & Soanindrariny. Ces restitutions ont pour vocation d’affiner les conclusions et de préciser, avec les bénéficiaires, les activités à mettre en œuvre ainsi que leurs modalités, de manière concertée. La piste principale évoquée pour l’heure consiste en l’appui de Cœur de Forêt sur la mise en place de pépinières « décentralisées ». Elles seraient tenues par un pépiniériste local déjà en place qui nécessite un appui à l’investissement de départ et à la structuration du modèle économique. Les résultats complets du diagnostic seront publiés prochainement, restez attentifs.


Sur le projet Masoala, toujours à Madagascar, les modèles de plantation sont définis selon l'état des sols, mais également pour respecter un équilibre entre préservation de la biodiversité et besoins locaux en ressources forestières. La plupart des essences plantées sont issus de collectes de graines en forêt puis mises en germination dans nos pépinières jusqu’à la période de plantation. La création de nouvelles pépinières décentralisées et l’extension de certaines autres ont permis d’atteindre une capacité de production de 200 000 plants, qui seront plantés d’ici février 2022. Au total, 9 parcelles de 8 familles différentes seront reboisées sur l’année 2021 pour une superficie totale de 77 ha.


Pour plus d’informations sur chacun des projets, rendez-vous sur la page Projets du site web. 

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