[Témoignage] Pourquoi participer à la plantation de Santal en Indonésie ?

December 21, 2017

Puisque l'on a rarement l'occasion d'aller directement sur le terrain pour discuter avec les bénéficiaires et les acteurs locaux d'une association de solidarité internationale / environnementale, nous faisons venir les gens à vous très chers lecteurs.

 

Découvrez l'intérêt de planter du Santal en Indonésie à travers une sélection d'interviews réalisées par Nao Remon, responsable du projet Coeur de Forêt en Indonésie et anthropologue de formation.

 

« Nous nous confrontons directement aux problèmes liés à la vie socio-économique de la population paysanne, qui apparait dans la société Indonésienne comme représentant la couche sociale la plus basse. C’est la première fois que je trouve un travail pour lequel je me sens autant investi, avec des valeurs et des objectifs communs partagés avec mes autres collègues. Le santal est un arbre endémique de la Province Nusa Tenggara Timur et de Flores plus spécifiquement, mais il est en voie de disparition. Il s’agit pourtant d’une essence unique a valeur très élevée sur le marché national et international. L’implantation du santal dans notre région selon un modèle durable est vouée à amener un changement notable d’ordre économique parmi la population de producteurs en général très pauvre. »

 

Ludovikus Ditgons, 40 ans, est secrétaire de l'association Puge Figo depuis 3 ans. Il vit avec sa femme et ses 3 enfants sur la commune de Nginamanu où se développe le projet Coeur de Forêt.

 

« Avant de travailler chez PF, je faisais de la riziculture d’appoint mais n’avais pas de travail à proprement parler. J’ai été recruté comme pépiniériste et je suis désormais le responsable de la pépinière qui s’agrandit chaque année. Ce travail me permet de vivre beaucoup mieux. Il me permet de couvrir les besoins du quotidien et d’améliorer la qualité de vie de la famille. Je viens par exemple de terminer la construction de ma maison, qui n’aurait pas été possible sans ce travail. Mon travail est également une opportunité d’enrichir constamment mes connaissances et mes savoir-faire liés aux nombreuses plantes cultivées en pépinière. Je plante du santal en pensant à l’avenir de mon fils. Quand vous savez que le bois issu de quelques arbres seulement peuvent vous rapporter suffisamment pour assurer le cout d’une année d’étude universitaire, il serait idiot de ne pas en planter autant que possible. Le mouvement de plantation de santal initié par Puge Figo dans la région amène un changement des mentalités. Nous vivons en général sur la base d’une agriculture de subsistance qui tourne autour d’un cycle annuel. Nous ne sommes pas habitués à nous projeter au-delà de ce court terme. Au contraire du santal, qui ne peut être récolté qu’à partir de 15 années après plantation, nous invite à nous projeter sur le long terme et d’adapter en conséquence nos terrains, ainsi que nous donner des espoirs sur la réalisation de projets dans notre avenir. »

 

Herman Rema, 35 ans, est responsable en chef de la pépinière de l'association Puge Figo depuis 3 ans. Il vit avec sa femme et leur enfant, également sur la commune de Nginamamu où est implantée l'association.

 

 « L’association recrutait un profil « terrain » pour effectuer le suivi de la plantation de santal. J’ai principalement été interpelé par les valeurs humaines et sociales qui motivent les activités de Puge Figo. Je suis maintenant heureux de participer, avec l’appui que je donne aux producteurs, à l’implantation de modèles agroforestiers durables qui ont un impact écologique et économique notable pour la région.  Les modèles de plantation que l’on propose aux habitants permettent non seulement de reboiser des zones en friches, non valorisées, mais également de réimplanter une espèce qui est menacée de disparition dans son habitat d’origine. Les associations culturales que l’on propose avec la plantation de santal impliquent pour les producteurs de considérer avec importance l’idée de biodiversité et l’impact positif que celle-ci peut avoir quant à la protection de l’environnement forestier. De cette façon, notre campagne de reforestation par le santal apparait véritablement comme un mouvement écologique, ce qui est une première dans notre région. J’espère que notre association va continuer à se développer jusqu’à la valorisation de la matière elle-même (le bois de santal) impliquant une transformation à l’échelle locale et ainsi permettre la création d’une filière de production durable et locale qui sera bénéfique à l’ensemble des producteurs et de leurs familles. »

 

Adrianus Richard, 32 ans, est responsable du suivi reforestation de l'association Puge Figo depuis 9 mois. Il vit avec sa femme qui attend leur deuxième enfant sur la commune de Rendu, dans le district de Nagekeo.

 

 « J’ai été attirée par la proposition qu’a fait l’association Puge Figo aux producteurs de planter du santal, une essence assez rare et peu connue dans notre village. D’une part, planter du santal me permet de valoriser mes terrains en friche et d’autre part, tout ceux qui plantent du santal le font en sachant que son bois coute cher et peut permettre un apport économique important sur le long terme pour les habitants. La plantation du santal a l’avantage de motiver les producteurs à entretenir leurs parcelles qu’ils laissaient parfois à l’abandon. L’entretien à comme avantage de limiter la propagation des brulis incontrôlés en forêt. Dans notre région ravagées chaque année par les feux de forêt, un projet comme celui-ci est un atout écologique important. On peut se dire qu’un véritable changement surviendra dès la première récolte de bois de santal, moment où l’on pourra se rendre compte réellement de la valeur que représente cet arbre.  Aussi, en tant que productrice, mon espoir est que Puge Figo puisse à l’avenir assurer à la population des débouchés commerciaux équitables concernant le bois de santal afin de nous faciliter la tâche. »

 

Maria Yasinta Nelu, 33 ans est rizicultrice et partenaire de Puge Figo /Coeur de Forêt depuis 2 ans. Elle vit avec son mari et ses 3 enfants sur la commune de Nginamanu.

 

 « C’est la première fois qu’une association comme Puge Figo s’implante dans notre région et un appui aux producteurs pour la valorisation de plantes comme le patchouli, la citronnelle, le santal ou encore les agrumes. Il s’agit là de la première initiative nous permettant d’acquérir des plants de santal poussés en pépinière qu’il ne nous reste plus qu’à planter et à entretenir sur nos propres parcelles. Evidemment, on accueil cela avec joie. En tant qu’agriculteur j’ai beaucoup de temps libre que je ne mets pas toujours à profit. Depuis que je plante du santal, je consacre ce temps à l’entretien de mes arbres et de mes parcelles si bien que j’ai toujours quelque chose à faire. Cela représente un changement dans ma vie. Mon espoir est que l’association continue son développement et que les diverses essences que l’on plante trouvent un marché stable et durable. Concernant le santal j’ai le fort espoir que l’association puisse à l’avenir gérer la valorisation économique des arbres que l’on a planté. »

 

Bruno Stefanus Noi, 48 ans, est agriculteur et partenaire de Puge Figo depuis 3 ans. Il vit avec sa famille, sa femme et ses 4 enfants sur la commune de Nginamanu.

 

Plus d'informations sur l'histoire du projet ? Par ici.

 

 


 

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