[Rapport] Bilan du 1er semestre 2018 en Bolivie

July 9, 2018

La Bolivie connait une très forte diversité de climat se manifestant par des successions de strates écologiques allant des plaines arides de l’Altiplano, aux sommets enneigés à 6 000 mètres d’altitude en passant par les vallées tropicales. La région des Yungas, lieu d’implantation du projet est considérée comme un Hot Spot car elle constitue une région abritant plus de 1 500 espèces mais ayant perdu 70% de son habitat d’origine. On y retrouve notamment des orchidées uniques au monde. Les fruits tropicaux, le café, la coca, le cacao et le tabac y trouvent des conditions optimales pour s’épanouir, grâce au climat chaud et humide et aux précipitations abondantes. Les extractions minières y sont également monnaie courante et peu encadrées, menant souvent à l’élargissement des lits de rivière et la pollution des cours d’eau. À cela s’ajoute l’absence d’un système de gestion des déchets, contribuant à son tour à la pollution de l’environnement local.

La région des Yungas a également été en proie au trafic de bois précieux à l’image du Mara (Swietenia macrophylla), que l’on retrouve sur la liste rouge des espèces de l’IUCN et qui a presque disparu de la région. La déforestation suit également une augmentation fulgurante dans la région, alors que 12 000 ha de forêt disparaissaient entre 2000 et 2005, 35 500 ha ont été rayés de la carte entre 2005 et 2010.

 

Cependant, la culture traditionnelle et principale de la région est la Coca (Erythroxylum coca), plante exigeante qui cause de nombreuses problématiques environnementales. Cultivée en monoculture, la coca appauvrit fortement les sols en causant leur érosion qui peut aller jusqu’au glissement de terrain. Bien que sa zone de culture soit légalement limitée, la dégradation des sols poussent les producteurs de coca a étendre les parcelles de culture de coca en défrichant des espaces de forêts voisines grâce à la pratique du brûlis. La région de Las Yungas est toutefois connue pour être la zone de production traditionnelle de la coca, les feuilles qui y sont produites servant essentiellement à la consommation (mastication) des feuilles, légale, par les populations locales.

 

La Bolivie connait encore un IDH (Indice de Développement Humain) moyen stable de 0,675 en 2012, mais les disparités sont fortes entre milieu rural et citadin. Le fort développement de la capitale économique La Paz, contraste fortement avec le manque d’investissements infrastructurels en milieu rural. Dans ce contexte, l’association Coeur de Forêt vise, sans la remplacer totalement, à apporter des alternatives concrètes à la culture de coca et se doit également de prendre en considération les intérêts financiers des producteurs locaux.

 

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Reforestation et Agroforesterie

Reforestation

Sur la zone du projet, la saison des plantations s’étend du mois de décembre au mois d’avril suivant. L’association locale, Corazon del Bosque, a finalisé la campagne de reforestation 2017/2018 avec 9 283 arbres plantés. Un nombre important de 7 722 arbres fruitiers est à noter, dont 7 305 caféiers, 362 plants d’agrumes (mandariniers, citronniers, orangers) et 55 avocatiers. Les 1 561 plants restants sont principalement composés d’espèces forestières et mellifères distribués notamment aux apiculteurs. De plus, 6 600 semences d’hibiscus ont été distribuées aux producteurs afin qu’ils puissent les incorporer dans leurs modèles de plantations agro-forestières. A terme, ils pourront ainsi développer des produits contenants des fleurs d’hibiscus : jus, miel, savon, etc... Initié en décembre 2017, l’équipe de Corazon del Bosque a emménagé sur un nouveau terrain à Coroico sur lequel une pépinière d’une capacité de 10 000 plants a été construite. La mise en pépinière des plants pour la campagne de reforestation 2018/2019 a ainsi pu commencer sous la direction du nouveau pépiniériste bolivien, Juan Simón CUAQUIRA OLORI, engagé par Corazon del Bosque.

 

Diagnostic agraire

Le printemps 2018 a été marqué par l’aboutissement du travail de diagnostic agraire réalisé par Eloïse ANDRÉ. Cette étude permet de mieux comprendre les pratiques agricoles actuelles des producteurs de feuilles de coca va permettre d’améliorer les modèles agro-forestiers proposés aux producteurs pour et leur offrir ainsi des alternatives plus intéressantes financièrement notamment. Les premières conclusions de cette étude montrent qu’il faut intégrer de nouvelles espèces en complément de celles déjà présentes (café, agrumes, hibiscus, citronnelle, essences forestières). L’apport de solutions techniques et financières semblent également nécessaires pour les premières années de mise en culture qui nécessitent généralement un temps humain important mais peu de ressources générées. Le travail sera poursuivi durant le second semestre afin d’apporter des solutions aux freins identifiés pour la diversification des cultures.

 

Valorisation

Miel

Lors du premier semestre 2018, 13 nouvelles ruches ont été distribuées, 9 à des nouveaux producteurs bénéficiaires et 4 pour remplacer des ruches endommagées chez des producteurs bénéficiant déjà de l’appui de Corazon del Bosque. 51 apiculteurs bénéficiaires du projet sont suivis par Ernesto Inti RODRIGUEZ ALVAREZ, responsable apiculture de l’association. L’objectif est double : former les nouveaux apiculteurs pour s’assurer des bonnes pratiques de récoltes et d’entretien des ruches, mais aussi guider les apiculteurs suivis depuis plusieurs années vers l’autonomisation de leur production. Une dizaine de producteurs commencent à être autonomes. La récolte de miel commence à la fin de la saison des pluies, habituellement vers le mois de mars. La période s’étant fortement étendue avec des pluies plus tardives, la récolte de miel chez les producteurs bénéficiaires a été décalée. Pour maintenir la gamme Corazon del Bosque et ne pas impacter le développement commercial local, 146 kg de miel ont tout de même pu être achetés auprès d’apiculteurs locaux pour la commercialisation auprès de nos partenaires. Le nouveau site d’implantation de l’association comporte un laboratoire avec du matériel spécifique pour envaser le miel sous forme de petits flacons à destination du marché local.

 

Café 

Cette année, l’association locale a pris la décision de mettre l’accent sur l’appui et le suivi des producteurs avec, entre autres, des formations sur l’utilisation d’intrants biologiques et la maitrise des premières étapes de transformation (fermentation et séchage pour la production de café parche). L’objectif est de développer la production sur la zone de Coroico tout en permettant aux producteurs d’être autonomes sur la culture, la récolte et la transformation du café en produit marchand. En parallèle l’association continue d’accompagner les producteurs de café dans la recherche de débouchés commerciaux.

 

Huiles essentielles

5 producteurs ont été les premiers à intégrer des plants de Citronnelle dans leurs cultures. Les plants arrivent progressivement à maturité et les feuilles doivent être récoltées et distillées tous les 3 mois. La réinstallation de l’alambic suite au déménagement permettra de reprendre les activités de distillation.

 

Commercialisation et Sensibilisation