La cigale : bien plus qu'un chant d'été, un signe de forêts en bonne santé

Quand on entend une cigale, on pense immédiatement aux vacances, à la chaleur et aux paysages méditerranéens. Pourtant, derrière ce bruit familier se cache un insecte intimement lié aux arbres… et donc à la forêt.

Discrète pendant la plus grande partie de sa vie, la cigale passe plusieurs années sous terre avant de n’apparaître que quelques semaines à l’air libre. Son histoire nous raconte aussi celle des forêts méditerranéennes… et d’un climat qui évolue.

Pourquoi la cigale chante-t-elle ?

Pourquoi les cigales chantent-elles ?

Le fameux chant que l’on entend tout l’été est produit uniquement par les mâles.

Ils font vibrer deux membranes situées sous leur abdomen afin d’attirer les femelles et de signaler leur présence aux autres mâles. Leur abdomen agit comme une véritable caisse de résonance, ce qui explique qu’un insecte de quelques centimètres puisse produire un son aussi puissant.

Ce concert ne commence toutefois que lorsque la chaleur est suffisante. Les cigales sont particulièrement actives durant les heures les plus chaudes de la journée, lorsque les températures leur permettent de produire ces vibrations.

Les cigales vivent une grande partie de leur vie… sous la forêt

Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs dans de fines entailles réalisées sur de jeunes rameaux.

Quelques semaines plus tard, les jeunes larves tombent au sol et s’enfouissent immédiatement.

Commence alors une vie souterraine qui peut durer plusieurs années.

À l’abri sous la surface, elles se nourrissent de la sève prélevée sur les racines des arbres grâce à leur rostre, une pièce buccale adaptée à cette alimentation. Leur prélèvement reste très faible et n’affaiblit pas les arbres.

Ce lien discret entre les racines et les cigales rappelle que la forêt ne se résume pas à ce que l’on observe en surface : une grande partie de la vie s’y déroule sous nos pieds.

La cigale vie sous la terre
des arbres mais pas n'importe lesquels

la forêt, essentielle au cycle de vie des cigales

Contrairement à une idée répandue, la cigale n’est pas associée à une seule espèce d’arbre. Elle fréquente une grande diversité de milieux où poussent des végétaux ligneux : lisières forestières, bois clairs, garrigues, vergers ou encore haies arborées. Ce qu’elle recherche avant tout, ce sont des espaces ouverts et bien ensoleillés, où les arbres offrent à la fois des rameaux pour la ponte et un réseau de racines dans lequel ses larves pourront se développer.

Cette diversité de paysages est essentielle à son cycle de vie. C’est aussi l’un des principes défendus par notre association en France : préserver et restaurer non seulement les forêts, mais également les milieux qui leur sont associés, comme les lisières, les prairies, les mares ou les haies. En favorisant ces continuités écologiques, ces paysages offrent aux cigales, comme à de nombreuses autres espèces, les conditions nécessaires pour se nourrir, se reproduire et se déplacer.

Une émergence spéctaculaire

Le chêne, un pilier des écosystèmes forestiers

Après plusieurs années passées sous terre, les larves remontent à la surface.

Elles grimpent sur un tronc ou un autre support vertical afin d’effectuer leur dernière mue. Elles abandonnent alors leur exuvie, cette enveloppe vide que l’on retrouve parfois accrochée aux écorces, avant de déployer leurs ailes.

Quelques jours plus tard, les mâles commencent à chanter… et un nouveau cycle débute.

Les cigales, témoins du climat qui évolue

Pendant longtemps, les cigales étaient principalement présentes dans les régions méditerranéennes. Aujourd’hui, elles sont observées de plus en plus au nord. Cette évolution s’explique notamment par des hivers moins rigoureux, qui permettent à davantage de larves de survivre jusqu’à leur émergence.

Mais les cigales ne sont qu’un exemple parmi d’autres. Des hivers plus doux favorisent aussi la survie de nombreux insectes, y compris certains ravageurs et parasites, autrefois régulés par les épisodes de grand froid. Ces changements modifient progressivement les équilibres naturels et peuvent avoir des conséquences importantes sur les forêts et leur biodiversité

Chez Cœur de Forêt, nos techniciens forestiers observent ces évolutions sur le terrain, dans les forêts des propriétaires que nous accompagnons. Suivre l’apparition de nouvelles espèces, l’évolution des populations d’insectes ou les effets du changement climatique permet de mieux comprendre les transformations en cours et d’adapter les pratiques forestières pour préserver des écosystèmes plus résilients.

un insecte qui joue sur la santé des forêts
Nos actions

Mieux connaître la forêt pour mieux la préserver

La cigale n’est pas seulement un symbole de l’été. Elle illustre les liens étroits qui unissent les arbres, les sols, les insectes et le climat. Comprendre son mode de vie permet de mieux saisir le fonctionnement des écosystèmes forestiers.

Chez Cœur de Forêt, nous sommes convaincus que l’on protège mieux ce que l’on connaît. C’est pourquoi, en France, nous accompagnons les propriétaires forestiers dans une gestion durable de leurs forêts, conciliant préservation de la biodiversité, adaptation au changement climatique et valorisation des écosystèmes. Chaque forêt est unique, et chaque action contribue à renforcer sa résilience face aux défis de demain.

Vous souhaitez agir à nos côtés ? En faisant un don, vous soutenez concrètement nos actions de préservation des forêts françaises et de la biodiversité qu’elles abritent. Et pour suivre nos projets, découvrir d’autres espèces emblématiques et mieux comprendre les enjeux forestiers, inscrivez-vous à notre newsletter.

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