Comment concilier préservation des forêts, production de bois et réalités locales ? Entre réensauvagement et exploitation forestière intensive, la sylviculture douce propose une autre voie : une gestion des forêts attentive à leur diversité, à leur renouvellement et aux besoins des territoires.
À l’échelle nationale comme au niveau local, Cœur de Forêt défend une approche globale de la gestion forestière. Dans le Lot, l’association agit notamment aux côtés des petits propriétaires forestiers afin de les accompagner vers des pratiques de gestion durable, adaptées à leurs parcelles et aux enjeux du territoire.
Le débat sur l’avenir des forêts françaises soulève de nombreuses questions : quelle place donner à l’exploitation forestière ? Comment préserver la biodiversité tout en répondant aux besoins en bois ? Comment limiter les pratiques les plus impactantes, comme certaines coupes rases ?
Dans ce contexte, Cœur de Forêt a relayé l’appel à mobilisation de Canopée – Forêts Vivantes, dans le cadre des négociations parlementaires autour de la Loi Climat. L’association a notamment soutenu des propositions visant à mieux encadrer les coupes rases et à renforcer les effectifs de l’Office national des forêts (ONF).
Cette mobilisation nationale s’inscrit dans une réflexion plus large sur la gestion des forêts. Elle ne signifie toutefois pas que Cœur de Forêt soit impliquée dans les manifestations locales organisées dans le Lot.
La question des coupes rases ne peut pas être abordée sans prendre en compte le contexte forestier, la surface concernée et l’objectif de gestion poursuivi.
Nous ne cautionnons pas les coupes rases qui consistent à récolter simultanément l’ensemble des arbres d’une parcelle alors que certains d’entre eux auraient encore pu poursuivre leur croissance et produire davantage de bois. Une telle pratique peut avoir des conséquences importantes sur les sols, les paysages, la biodiversité et la capacité de régénération de la forêt.
Pour autant, une coupe de petite surface peut, dans certaines situations, constituer un outil de gestion forestière, à condition qu’elle s’inscrive dans un projet sylvicole de long terme.
Dans le Lot, par exemple, Cœur de Forêt peut proposer à certains propriétaires forestiers accompagnés la création de cônes de régénération. Ces petites zones, généralement inférieures à un hectare et situées au sein de peuplements monospécifiques de châtaigniers, peuvent être ouvertes afin de favoriser la régénération naturelle, de diversifier la structure du peuplement et d’améliorer les perspectives d’avenir de la parcelle.
L’objectif n’est donc pas de couper pour couper, mais de penser la forêt dans le temps long et d’adapter les interventions aux caractéristiques de chaque peuplement.
Le développement du bois énergie soulève également des questions sur la manière dont la ressource forestière est utilisée.
Pour Cœur de Forêt, la production de pellets, de plaquettes forestières ou de broyats ne doit pas, à elle seule, justifier la coupe d’un arbre. Ces débouchés peuvent en revanche permettre de valoriser certains sous-produits issus de la gestion forestière, lorsque leur utilisation reste cohérente avec la ressource disponible et avec un approvisionnement local.
Chaque arbre récolté représente une ressource précieuse. Il est donc essentiel de rechercher, lorsque cela est possible, la meilleure valorisation du bois : charpente, menuiserie, bois d’œuvre, etc.
C’est pourquoi Cœur de Forêt défend une transformation artisanale et locale du bois, qui permet de conserver davantage de valeur sur le territoire et de développer des filières adaptées aux ressources forestières locales.
Entre le réensauvagement intégral et l’exploitation forestière intensive, il existe de nombreuses possibilités pour gérer durablement les forêts.
La sylviculture douce s’appuie sur un panel de solutions adaptées aux peuplements, aux sols, aux propriétaires et aux besoins du territoire. Elle vise à trouver un équilibre entre la production de bois, le renouvellement des peuplements, la préservation de la biodiversité et la résilience des écosystèmes forestiers.
Dans le Lot, l’équipe de Cœur de Forêt, composée notamment d’Anthony Cheval et Frantz Veillé, développe cette approche au plus près du terrain. L’objectif : accompagner les propriétaires forestiers vers une gestion durable et équilibrée de leurs forêts, tout en répondant aux besoins en bois du territoire et en préservant le patrimoine naturel.
Parce qu’il n’existe pas une seule manière de gérer une forêt, la sylviculture douce cherche à construire des réponses locales, pragmatiques et adaptées à chaque parcelle.
Face aux défis du changement climatique, à l’érosion de la biodiversité et à la fragilisation des peuplements forestiers, Cœur de Forêt agit concrètement pour accompagner les propriétaires de petites forêts vers une gestion durable, équitable et viable de leurs bois.
Diagnostic forestier, accompagnement des propriétaires, régénération naturelle, sylviculture douce, valorisation locale du bois… autant d’actions qui permettent de mieux comprendre les écosystèmes forestiers et de construire, parcelle après parcelle, une forêt vivante et résiliente.
Votre soutien permet à nos équipes de poursuivre cet accompagnement au plus près des territoires et de faire grandir une gestion forestière fondée sur les écosystèmes.
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