Cinq zones d’intérêt écologique, cinq territoires d’action pour la préservation des forêts à travers le monde

On nous demande souvent comment sont nés les projets de Cœur de Forêt. Nos zones d’intervention ne sont pas le fruit d’un choix géographique arbitraire. Elles sont avant tout le résultat de sollicitations locales : des communautés, des acteurs de terrain, des collectivités qui nous ont appelés pour répondre à une urgence, restaurer un écosystème ou préserver une forêt menacée.

Ces territoires, répartis sur plusieurs continents, ont un point commun essentiel : ils sont le terreau d’une biodiversité remarquable, mais fragile, aujourd’hui mise en péril par la déforestation, la dégradation des sols ou la pression humaine croissante. Au fil des années, Cœur de Forêt a ainsi accompagné des communautés très diverses, sans se fixer de frontières strictes, ni de limites temporelles prédéfinies.

L’année 2025, qui marque les 20 ans de l’association, représente un tournant stratégique. Notre expérience nous permet désormais d’affirmer que nos approches fonctionnent. Mais un nouveau défi s’impose : penser l’évolution et l’aboutissement de nos accompagnements, pour que les actions engagées puissent perdurer sans nous.

Prévoir l’autonomie des populations locales

Transmission des savoirs ancestraux autour de la forêt en Indonésie

À quel moment peut-on considérer que les populations deviennent pleinement actrices et autonomes dans la préservation de leur environnement ? Cette question guide aujourd’hui notre réflexion.

Face à l’ampleur de nos interventions (des territoires vastes, des milliers de personnes accompagnées chaque année) nous avons ressenti la nécessité de recentrer nos efforts. L’objectif : renforcer notre impact à court et moyen terme, en concentrant nos actions sur des territoires prioritaires.

Ainsi, en 2025, nos équipes ont mené un travail de fond pour réorganiser nos zones d’intervention autour de cinq grandes zones écologiques. Cette nouvelle approche repose sur trois étapes complémentaires : approfondir nos connaissances sur la biodiversité locale, comprendre les dynamiques sociales et culturelles des territoires, puis co-construire des actions concrètes avec les populations pour les rendre pleinement actrices de la préservation des forêts.

Nous vous proposons de découvrir ces cinq zones écologiques que nous accompagnons aujourd’hui : la forêt de Wolomeze en Indonésie, la forêt d’Uchumachi en Bolivie, la forêt d’Ambaravaranala et le canal des Pangalanes à Madagascar, ainsi que la commune de Bélaye en France.

Forêt tropicale sèche : La forêt de Wolomeze, Indonésie

Les forêts tropicales sèches comptent parmi les écosystèmes les plus rares et les moins étudiés au monde. En Indonésie, elles se concentrent presque exclusivement à l’est de l’archipel, notamment dans la province de Nusa Tenggara Timur, sur l’île de Flores, où se situe la forêt de Wolomeze.

Soumises à un climat tropical saisonnier très marqué, ces forêts alternent entre une saison des pluies courte et intense, et une saison sèche prolongée. Cette contrainte hydrique rend les écosystèmes particulièrement vulnérables aux perturbations, notamment aux feux, au défrichement et aux pratiques agricoles inadaptées. Entre 2001 et 2020, ces forêts ont perdu 11,4 % de leur couvert, malgré une régénération naturelle observée dans certaines zones abandonnées.

Cette disparition est d’autant plus préoccupante que la forêt de Wolomeze abrite de nombreuses sources d’eau, essentielles à la faune locale et aux populations environnantes. C’est autour de ces sources que se concentre notre action. Nous restaurons les zones dégradées par la plantation d’espèces adaptées et organisons des ateliers de transmission des savoirs ancestraux, favorisant le dialogue entre les anciennes générations et les enfants. Préserver l’eau, ici, revient à préserver la forêt et les conditions de vie qui en dépendent.

La forêt tropicale sèche de Wolomeze en Indonésie
La forêt de Wolomeze sur l'île de Florès Indonésie
Forêt tropicale de Bolivie
Récolte des graines en forêt Bolivie
Pépinière en Bolivie

Forêt tropicale d’altitude : La forêt d’Uchumachi, Bolivie

En Bolivie, le mont Uchumachi s’élève à plus de 2 500 mètres d’altitude. Redoutée des randonneurs pour ses pentes abruptes et son air raréfié, la montagne révèle pourtant, à son sommet, un paysage saisissant. Pour nos équipes, ce relief escarpé est devenu bien plus qu’un défi physique : c’est un véritable laboratoire vivant.

Sur ses flancs se déploie l’une des plus belles forêts naturelles de la région, composée d’espèces natives au patrimoine génétique unique. Depuis plus d’un an, Johan, notre responsable de recherche, arpente ce massif à la recherche de graines. Ce travail patient et rigoureux permet d’identifier des essences aux fonctions écologiques clés et adaptées aux conditions locales.

Ces graines sont ensuite reproduites en pépinière, afin de renforcer nos modèles de reboisement avec des espèces résistantes et parfaitement intégrées à leur environnement. En 2025, dix nouvelles essences endémiques ont ainsi été multipliées et plantées, contribuant à la restauration durable de cette forêt d’altitude exceptionnelle.

Relique de forêt naturelle : La forêt d’Ambaravaranala, Madagascar

Au cœur du centre de Madagascar, dans le district de Mandoto, la forêt d’Ambaravaranala apparaît comme un fragment rescapé d’un paysage autrefois largement boisé. Identifiée en 2021 lors d’un diagnostic forestier, cette forêt galerie longe les cours d’eau, formant une véritable colonne vertébrale écologique au sein d’un environnement de plus en plus dégradé.

Entourée de plusieurs villages répartis sur un rayon d’une dizaine de kilomètres, la forêt joue un rôle central pour les communautés locales. Pourtant, sa surface a diminué de 19,2 % entre 2018 et 2024, passant de 283 à 229 hectares. Les projections sont alarmantes : sans intervention, la forêt pourrait perdre encore plus de 30 hectares d’ici 2030.

La pression humaine s’intensifie, notamment avec l’arrivée de réfugiés climatiques venus du sud de l’île. Les usages sont multiples, parfois concurrents, et les communautés présentent des identités culturelles variées. Dans ce contexte complexe, notre action vise à concilier les besoins réels en ressources et la préservation d’un écosystème indispensable. Feux de brousse, exploitation du bois énergie, activités aurifères et chasse illégale menacent l’équilibre de la forêt.

Nous allons agir avec les communautés. Car oui, les besoins en bois sont réels : pour le feu, les constructions, les cultures. Mais la forêt n’est pas seulement une réserve de bois : c’est un système vivant. Il lui faut un certain équilibre pour continuer à rendre les services écosystémiques dont tout le monde dépend.

Forêt naturelle à Madagascar
Atelier avec les populations Madagascar
Zébu dans zone humide Madagascar
Zone humide à Madagascar
Lézard à Avotra

Zone humide : Le canal des Pangalanes, Madagascar

Sur la côte est de Madagascar, le canal des Pangalanes traverse un vaste ensemble de zones humides, mêlant lacs, marécages, mangroves, forêts et littoral. Cette mosaïque d’écosystèmes abrite une biodiversité exceptionnelle et joue un rôle majeur dans la régulation de l’eau, la protection contre l’érosion et la sécurité alimentaire des populations riveraines.

Mais ce territoire est aussi un espace de vie et de culture. Les communautés Betsimisaraka et Antambahoaka entretiennent un lien ancien et profond avec ces milieux, qui structurent leurs activités quotidiennes et leurs traditions. Le canal est à la fois une voie de transport, un foyer de subsistance et un lieu de célébration culturelle.

Notre action vise à préserver cet équilibre fragile en combinant restauration écologique et accompagnement des communautés. La cartographie des zones humides, la restauration des mangroves, une gestion locale concertée, ainsi que le développement de systèmes agro-piscicoles durables et éducation environnementale constituent les piliers du projet. À terme, l’objectif est de renforcer la résilience du territoire et d’ancrer durablement la préservation de ces zones humides dans le développement régional.

Jeune forêt d’avenir : La commune de Bélaye, France

À Bélaye, dans les Cévennes du Quercy, le paysage forestier reflète une histoire faite de contrastes : diversité des milieux, topographie marquée, influences climatiques multiples. Ce territoire, reconnu pour son intérêt écologique, est majoritairement composé de parcelles privées aux gestions peu coordonnées.

Face aux risques liés à la pression sur la ressource en bois et à l’évolution des pratiques forestières, plusieurs propriétaires ont exprimé le souhait de préserver durablement leur bois. En réponse, Cœur de Forêt a initié, en lien étroit avec la commune, des diagnostics écologiques sur plus de 115 hectares.

De cette dynamique est né un projet collectif : la création d’une zone forestière pilote de 80 hectares, fondée sur une gestion irrégulière, le maintien d’un couvert continu et la diversification des essences. Production raisonnée de bois, préservation de la biodiversité, adaptation au changement climatique et valorisation des paysages locaux constituent les piliers de cette démarche. À terme, Bélaye a vocation à devenir un site démonstrateur d’une gestion forestière durable, au service des forêts de demain.

Forêt dans le Lot
Châtaignier remarquable
Pinède dans le Lot
Lézard à Avotra

Geko inventorié dans la zone Avotra sur le canal des Panganales

Soutenir nos actions et préparer l’avenir

Chacune de ces cinq zones écologiques illustre l’importance de l’action locale et concertée pour préserver des écosystèmes uniques et menacés. Les succès que nous constatons aujourd’hui sont le fruit d’un travail patient avec les communautés, de recherches scientifiques approfondies et d’une vision stratégique qui place l’autonomie des populations au cœur de la préservation.

Pour continuer à protéger ces forêts, restaurer des habitats fragiles et accompagner les populations locales, votre soutien est essentiel. Faire un don à Cœur de Forêt, c’est contribuer directement à la pérennité de ces projets et au maintien des services écologiques dont dépendent ces territoires et leurs habitants.

Et découvrez nos objectifs pour 2026 sur chacun de nos projets sur notre article dédié.

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