Dès qu’on parle de sylviculture durable, on entend souvent : « il faut arrêter les machines ». Pourtant, la réalité est plus nuancée. Les engins mécaniques ont leur utilité, leur efficacité et leur place dans la gestion forestière. Mais dans certains contextes, notamment les zones sensibles ou difficiles d’accès, la traction animale peut être une alternative précieuse. Louisa, débardeuse à cheval engagée aux côtés de Cœur de Forêt, défend cette approche équilibrée : ne pas opposer, mais combiner.
Les machines forestières modernes représentent un progrès indéniable : elles facilitent le travail, augmentent la sécurité des ouvriers et permettent de traiter rapidement de gros volumes de bois. Bien employées, elles sont précieuses pour entretenir des pistes, treuiller ou intervenir efficacement sur des terrains accessibles, là où la puissance mécanique fait la différence.
Conduire une machine dans une forêt mélangée à couvert continu reste pourtant un exercice délicat. Le chauffeur doit atteindre les arbres abattus sans abîmer ceux qui restent, tracter les grumes sans détruire le sous-bois, anticiper chaque mouvement dans un espace vivant. Cette précision, qui demande expérience et finesse, relève presque de l’art tant elle allie technique, observation et respect de l’écosystème.
Mais la mécanisation comporte aussi ses inconvénients. Les engins trop lourds, utilisés de manière intensive, peuvent abimer les sols, dégrader les habitats et impacter négativement la biodiversité. Dans les modèles de sylviculture industrielle, les gros porteurs employés pour des coupes rases dans des monocultures ont un impact destructeur sur le retour d’une forêt vivante.
Encore une fois la clé réside donc dans l’équilibre : choisir le bon outil, la bonne machine, ou pas, au bon endroit. Une mécanisation raisonnée, adaptée au contexte local, limite les impacts négatifs et permet de préserver la forêt tout en assurant une filière bois économiquement viable.
Louisa intervient ponctuellement en forêt, c’est surtout dans les vignes qu’elle fait travailler son cheval au quotidien. Un autre univers, mais la même logique : passer là où la machine abîmerait, respecter le sol vivant, s’adapter au rythme des saisons et des plantes.
« Mon cheval, je le travaille surtout dans les vignes. Mais j’aime aussi ces chantiers forestiers, où on met notre savoir-faire au service d’un autre équilibre. » nous dit Louisa.
Elle fait partie des rares professionnels à pratiquer le débardage à cheval. Ce métier demande une excellente connaissance du cheval et de sa psychologie. C’est une expertise précieuse dans les zones où la délicatesse prime sur la puissance.
« Je n’ai pas envie de bosser autrement. Je ne suis pas forcément prête à faire des chantiers lourds, destructeurs. Là, avec Cœur de Forêt, on est alignés. » nous dit Louisa
Sur le terrain, elle repère les arbres marqués par Cœur de Forêt, les passages possibles, les zones fragiles. Elle guide son cheval avec une précision millimétrée pour extraire les billes de bois sans abîmer les jeunes pousses, les racines, ni le sol forestier.
Cette polyvalence est une force : elle permet d’entretenir une relation forte avec l’animal et de faire vivre un métier exigeant, où l’écoute et l’adaptation priment.
Souvent posés comme opposés, les engins motorisés et les chevaux de trait peuvent en réalité être complémentaires. Nous insistons, ce n’est pas « machine ou cheval », mais bien « machine et cheval ». Chaque outil a sa place, selon le terrain, le type de coupe, ou encore les enjeux environnementaux et l’économie du chantier.
Les machines adaptées sont précieuses pour dégager rapidement de gros volumes de bois à relativement faible valeur ajoutée, treuiller, ouvrir les cloisonnements notamment sur les terrains accessibles. Mais dans les zones sensibles, pentues, ou riches en biodiversité, le cheval s’impose par sa souplesse d’intervention et son faible impact sur les sols.
« On l’a vu, sur certains chantiers : il y a des endroits où la machine est indispensable. Et d’autres où, clairement, le cheval est plus adapté. » nous dit Louisa débardeuse à cheval.
Cette complémentarité permet d’ajuster la méthode au contexte forestier, en évitant les dégâts inutiles, tout en restant efficace.
Ce qui motive Louisa, au-delà du geste technique, c’est le sens donné à son travail. Elle trouve en Cœur de Forêt un partenaire aligné avec ses valeurs : prélever sans épuiser, valoriser sans abîmer.
« J’aime bien le regard technique de Cœur de Forêt, qui dit : on fait des prélèvements mais on n’abîme pas tout. On préserve certaines essences, on travaille dans le bon sens. »
Cette exigence partagée permet de mener des chantiers forestiers plus responsables, plus durables, qui prennent en compte l’équilibre global de l’écosystème.
Au-delà de l’exploitation raisonnée des arbres, cette démarche s’inscrit dans un circuit court : dans la mesure du possible le bois est prélevé localement et transformé localement. Une manière de redonner du sens à chaque étape de la filière, de la forêt à l’usage final.
Et dans cette dynamique, Cœur de Forêt joue un rôle essentiel.