Un discours forestier dominant orienté sur le court terme, en décalage avec
les attentes et les risques du changement climatique pour nos territoires

bois exploités chaque année

La filière forêt-bois française est un secteur économique majeur, exploitant chaque année 87 à 90 millions de m3 de bois, générant 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires* et employant près de 400 000 personnes. Elle constitue ainsi un carrefour stratégique pour la France, en employant notamment plus de personnes que l’industrie automobile, et comme puits de carbone essentiel à notre Stratégie Nationale Bas-Carbone.

Pourtant, malgré son rôle stratégique, elle s’oriente largement vers une logique de
volumes rapides, privilégiant la rentabilité immédiate au détriment de la durabilité des forêts, de la qualité des usages et de leur acceptabilité sociale. Ce constat traduit l’absence d’une politique forestière réellement pensée sur le long terme, ainsi qu’une dissonance persistante entre les intentions politiques affichées et les actes mis en œuvre.

LES SUBVENTIONS RESTENT MAJORITAIREMENT ORIENTÉES
VERS LE REBOISEMENT, LA BIOMASSE ET LE SOUTIEN AUX VOLUMES

Ce modèle est renforcé par des mécanismes de régulation insuffisants : seule une faible part des coupes fait l’objet de contrôles effectifs, favorisant des pratiques opportunistes, notamment sur les reboisements après des coupes rases, et alimentant une perte de confiance croissante des citoyens et des propriétaires.

Plus largement, bien que le Code forestier dispose que « la politique forestière a pour objet d’assurer la gestion durable et la vocation multifonctionnelle, à la fois écologique, sociale et économique, des bois et forêts », les subventions publiques restent majoritairement orientées vers des programmes de reboisement, de production de biomasse ou de soutien aux volumes, et trop rarement vers la gestion, l’amélioration et l’adaptation des forêts existantes. Cette situation est aggravée par un sous-investissement du secteur forestier qui bascule depuis plusieurs années entre les mains de plusieurs ministères.

Du ministère de l’agriculture à celui de la transition écologique : les moyens mis en œuvre et les objectifs visés changent du tout au tout. Le conseil forestier est trop souvent assuré par les exploitants eux-mêmes, orientant logiquement les décisions vers leurs contraintes économiques plutôt que vers les objectifs écologiques, patrimoniaux ou paysagers des propriétaires

Les petits propriétaires, privés d’alternatives indépendantes, se retrouvent contraints d’accepter des valorisations basses, des calendriers accélérés et des itinéraires imposés, enfermant la gestion forestière dans une vision de court terme.

LES FORÊTS FRANÇAISES SONT GLOBALEMENT JEUNES :
50% DES ARBRES ONT MOINS DE 60 ANS...

La valorisation du bois se concentre majoritairement sur des débouchés à faible valeur ajoutée et à courte durée de vie (bois énergie, pâte à papier, panneaux), maximisant les volumes
immédiats mais limitant les bénéfices climatiques, économiques et sociaux à long terme.

Cette logique productiviste simplifie les peuplements, épuise les sols, freine la régénération naturelle et accroît la vulnérabilité des forêts face aux crises climatiques et sanitaires, au risque de fragiliser la ressource elle-même. Les impacts du changement climatique sont déjà visibles et génèrent une forte incertitude pour l’avenir des forêts. Les sécheresses répétées, incendies, ravageurs et maladies révèlent la vulnérabilité accrue de peuplements souvent simplifiés et monospécifiques.

Les erreurs de choix sylvicoles et de politiques passées sont sous le feu des projecteurs, comme l’illustrent les crises des épicéas face aux scolytes. Les forêts sont en situation de stress croissant, avec une dégradation de l’état de conservation des habitats et une augmentation des risques d’incendies.

La filière forêt-bois doit composer entre la pression de récolte à court terme et la nécessité d’accompagner la résilience des forêts de demain. Les filières à forte valeur ajoutée peinent se structurer, faute de coordination, de sécurisation des approvisionnements et de mise en concurrence parfois inéquitable. De même, les dynamiques de gestion sylvicole irrégulière et diversifiée progressent, mais de manière encore trop lente et marginale.

De nombreuses recherches scientifiques montrent que des gestions sylvicoles diversifiées et irrégularisées, comme la sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC), offrent une meilleure résilience face au changement climatique. Face à l’incertitude climatique, maintenir un champ des possibles large apparaît plus pertinent que le recours systématique à des monocultures aux trajectoires rigides

Conclusion, l’absence d’une politique forestière forte et de long terme, à la croisée des enjeux socio-économiques, environnementaux et aussi climatiques, favorise une approche court-termiste, dont les impacts négatifs sont aujourd’hui exacerbés par le changement climatique déjà à l’œuvre. Malgré les refus exprimés par la société civile, les plantations en monocultures et les coupes rases restent encore trop présentes, tandis que les solutions alternatives et résilientes, pourtant existantes, peinent à gagner en visibilité et en soutien.

Tribune Forêts vivantes, territoires résilients Coeur de Forêt

Signez notre manifeste et faisons évoluer la gestion forstière !

Les propriétaires forestiers restent trop souvent seuls face à des choix complexes, tandis que des pratiques plus durables et résilientes peinent à s’imposer.

Avec ce manifeste, nous mettons en lumières 3 constats qu’il est urgent de faire évoluer les pratiques forestières, les modes d’accompagnement et les politiques publiques. En devenant signataire, vous nous aidez à promouvoir ces changements de pratiques dans le débat public.

Nos solutions

1 – Les pratiques fondées sur le maintien du couvert forestier, la diversité des essences et des âges concilient production de bois et respect des sols, en favorisant la régénération naturelle et en renforçant la résilience des écosystèmes face aux aléas climatiques. Des solutions telles que la sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC), associées à une prise en compte renforcée de la biodiversité, permettent de faire vieillir les forêts, de conserver le patrimoine génétique des vieux arbres et de renforcer durablement leur capacité d’adaptation. Ces techniques ont un impact positif à la fois sur la résilience des forêts et sur l’économie des territoires.

2 – Une gestion réellement multifonctionnelle est aussi une opportunité économique. Elle crée davantage d’emplois qualifiés et durables : transformation locale, bois d’œuvre, construction, ingénierie écologique, tourisme de nature. La gestion irrégulière des forêts n’est pas un coût, mais un investissement stratégique. Elle sécurise des revenus plus stables dans le temps, réduit les coûts liés aux coupes rases puis au reboisement, renforce la valeur patrimoniale des forêts. La mise en place de la gestion irrégulière n’est pas un coût, mais un investissement stratégique. Elle diminue les risques liés aux aléas climatiques et sanitaires avec un modèle économique différent : des prélèvements moindres mais plus réguliers. Si un coût initial peut exister, il doit être considéré comme un investissement à long terme, au service de la durabilité économique, écologique et sociale de la forêt. Cette transition, ne pourra réussir que si sa viabilité est démontrée à chaque échelon de la filière : propriétaires, conseillers, exploitants, transformateurs, artisans et financeurs.

3 – Par ce manifeste, nous souhaitons insuffler la construction d’une filière cohérente, alignée avec les enjeux écologiques, sociaux et économiques, et résolument tournée vers le long terme. Elle suppose d’impliquer l’ensemble des acteurs de la filière, en combinant intelligemment mécanisation et savoir-faire humains, y compris le travail manuel ou à cheval, afin d’adapter les interventions aux contextes locaux. Nous affirmons notre volonté d’accompagner les acteurs forestiers dans la compréhension et l’appropriation de cette gestion forestière, en capitalisant sur les projets pilotes, les retours d’expérience et la preuve par l’action, afin de documenter, diffuser et amplifier les pratiques qui fonctionnent réellement sur le terrain.
Nous reconnaissons, comme de nombreux acteurs forestiers, que la SMCC doit être en constante amélioration et adaptation aux nouveaux contextes. Les déséquilibres sylvo-cynégétiques, les stations peu fertiles ou encore le manque d’opérateurs locauxconstituent autant d’obstacles qu’il convient d’identifier sur chaque territoire et de lever collectivement pour construire une sylviculture efficace, pour l’humain comme pour la nature.

Visuel Agriculteur Homme

PHILIPPE, PROPRIÉTAIRE FORESTIER, ACCOMPAGNÉE sur notre projet en France

L’équipe de Cœur de Forêt maîtrise l’écosystème de la forêt, connaît son fonctionnement. Ils m’ont permis de diagnostiquer, connaître le contenu de mes parcelles (essences d’arbres, âges, potentiel, état sanitaire, sol …) et enfin m’ont fourni un plan de gestion : à court moyen et long terme, (exploitation, valorisation, enjeux biodiversité, paysages, gestion de l’eau, stockage du carbone …).

Les propriétaires maîtrisent peu le fonctionnement de l’écosystème forestier et le système d’exploitation par coupe rase se développe rapidement. Coeur de Forêt fournit cet accompagnement à l’aide d’un diagnostic, d’un plan d’exploitation et d’un accompagnement à la réalisation des chantiers et à la mobilisation de la filière.

Exploitant forestier, bûcheron, débardeuse à cheval, scierie, et technicien prennent la parole !

Partager ce manifeste

Pourquoi ce manifeste ?

À partir de 2000 signatures, un manifeste est plus susceptible d’obtenir des retombées dans la presse.

Avec ce manifeste, nous voulons rassembler propriétaires, citoyens et acteurs de la filière autour de trajectoires crédibles et d’un discours alternatif à la gestion court-termiste.

Signez ce manifeste, et contribuez dès aujourd’hui à construire des forêts vivantes, résilientes et des territoires durables ! Grâce à votre voix, nous diffuserons cette vision alternative des forêts françaises dans la sphère publique et politique.

Tribune Forêts vivantes, territoires résilients Coeur de Forêt
Consultez
notre manifeste complet !

Rejoignez les 590 signataires de ce manifeste !

*En signant, j’accepte de recevoir votre newsletter ainsi que les informations relatives à l’association Cœur de Forêt. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment à l’aide du lien inclus dans chacun de nos emails. Nous nous engageons bien évidemment à ne pas diffuser ou vendre vos coordonnées à des tiers.

Parrainez des arbres

Parrainez des abeilles

Achetez de la vanille