À Madagascar, des jardins potagers comme
outils d’apprentissage et d’alimentation

Les jardins potagers où sont cultivés des carottes ou du soja sont de véritables outils d’apprentissage, de nutrition… et d’amélioration des conditions de vie. 

Dans une cour d’école de Madagascar, des enfants arrosent des plants de tomates, récoltent des carottes ou apprennent à cuisiner des légumes qu’ils reproduiront ensuite chez eux. Plus loin, une parcelle de soja pousse avec un objectif bien précis : financer des tables et des chaises pour les élèves.  

Chez Cœur de Forêt, nos actions terrain ne s’arrêtent pas à la restauration des écosystèmes. Parce que la protection de la biodiversité passe aussi par l’amélioration des conditions de vie des populations locales, nous accompagnons la mise en place de jardins et cultures scolaires dans plusieurs écoles de Madagascar. 

Ces espaces deviennent à la fois des lieux d’apprentissage, des outils de sensibilisation agricole, des leviers de nutrition… et parfois même des solutions concrètes pour soutenir les écoles et les familles. 

Les jardins potagers
Directeur école mandoto

Pourquoi parler d’agriculture à l’école à Madagascar ?

À Madagascar, parler d’agriculture aux enfants n’a rien d’abstrait. 

L’agriculture emploie environ 75 à 80 % de la population active et structure le quotidien de nombreuses familles rurales. Plus de 90 % de la production agricole est destinée au marché national et près de 75 % de la production vivrière des ménages ruraux est autoconsommée. 

Ces défis sociaux restent immenses : 40 % de la population a moins de 15 ans, plus de 80 % vit sous le seuil de pauvreté, et seulement 10 000 jeunes bénéficient chaque année d’une formation agricole initiale, alors qu’environ 300 000 arrivent sur le marché du travail. 

Pour beaucoup d’enfants, l’agriculture fait déjà partie du quotidien familial, parfois dans un contexte d’insécurité alimentaire. 

Les jardins scolaires sont un pont concret entre éducation, alimentation, agriculture durable et avenir professionnel. 

Directeur école AVOTRA

Qu’est-ce qu’on fait dans un jardin scolaire  ?

Dans les écoles que nous accompagnons, les enfants ne se contentent pas d’observer : ils participent. Ils apprennent à semer, arroser, désherber, pailler, récolter et parfois même cuisiner de nouveaux aliments. 

À l’école primaire publique de Mahatsara Sud, sur la côte Est du pays, plusieurs cultures ont été implantées : anatsonga, anamamy, maïs, haricots, haricots verts, tomates, concombres, courgettes, carottes, pistaches… 

Pour Monja Julien Critus, directeur de l’école, ces cultures ont profondément changé le quotidien scolaire. 

Avant l’arrivée du projet, la cantine recevait un soutien financier extérieur pour compléter les repas. Après l’arrêt de cette aide, et n’ayant pas reçu de soutien technique, l’école devait se débrouiller toute seule.  La collaboration avec Cœur de Forêt a permis de reprendre la production agricole directement au sein de l’école. 

Aujourd’hui, les récoltes servent à alimenter la cantine scolaire et à diversifier les repas des enfants. 

Depuis 2025, ces productions  atteignent des volumes significatifs : 

  • jusqu’à 30 kg de haricots,  
  • environ 20 kg de carottes 
  • jusqu’à 100 kg de concombres,  
  • entre 50 kg de courgettes selon les saisons.  

Même dans un contexte de sécheresse, l’école continue de produire grâce à des techniques agricoles adaptées comme le paillage, permettant de maintenir l’humidité des sols. 

“J’ai appris cela à l’école” : quand les enfants transmettent à leur tour

L’un des effets les plus marquants du projet apparaît souvent… une fois les élèves rentrés chez eux. Stéphanie, élève en classe de 7 à Mahatsara Sud, raconte qu’avant le jardin scolaire, les repas se limitaient principalement à du riz accompagné de feuilles de manioc ou de patate douce. Aujourd’hui, l’alimentation est plus variée. Carottes, concombres, courgettes, tomates, pommes de terre ou anatsonga font désormais partie des repas préparés à l’école. 

L’impact dépasse la cantine. 

Les élèves apprennent aussi les techniques de culture et de préparation alimentaire, qu’ils reproduisent ensuite dans leur famille. « J’ai déjà refait cela à la maison exactement comme à l’école. Ma famille m’a demandé où j’avais appris cela. J’ai répondu : à l’école. » 

Selon le directeur, les parents constatent eux aussi ces changements. Beaucoup observent que les enfants appliquent déjà les techniques agricoles à domicile. Le jardin scolaire est un outil de transmission intergénérationnelle : l’enfant apprend, expérimente… puis partage avec sa famille. 

les enfants transmettent à leur tour
culture soja

À Mandoto, une parcelle de soja pour financer l’école

Tous les projets scolaires ne prennent pas la forme d’un jardin potager destiné à la cantine. À Mandoto, nous avons une autre approche : une parcelle agricole de soja portée par l’école. 

Avec un double objectif : d’un côté, sensibiliser les élèves et la communauté scolaire aux pratiques agricoles. De l’autre, créer une activité génératrice de revenus capable de répondre à des besoins concrets. 

Dans cette école, les élèves manquent de matériel essentiel : tables, chaises et équipements scolaires. La culture du soja permet de soutenir l’établissement, tout en renforçant les liens entre école, agriculture et développement local.  

Des jardins potagers qui nourrissent les cantines… et impliquent les familles 

Dans certaines écoles accompagnées, les récoltes servent directement aux cantines scolaires, permettant de proposer des repas plus diversifiés. 

Dans d’autres, les productions sont vendues avec l’implication des parents d’élèves, créant une source de revenus réinvestie localement. Ces projets renforcent la participation communautaire autour de l’école. 

Eleve de l'école de Mandoto-1

Quelques chiffres clés de notre action à Madagascar :

20 écoles accompagnées avec des jardins potagers ou cultures scolaires 
2016 élèves sensibilisés et impliqués 
31 000 m² de surfaces cultivées 
11 écoles utilisant leurs récoltes pour la cantine scolaire 
12 écoles valorisant leurs productions par la vente communautaire.

Dans ces jardins, on retrouve une diversité de cultures adaptées aux territoires : manioc, pois, soja, maïs, haricots, tomates, concombres, courgettes, légumes-feuilles, carottes…Ces cultures sont en agroforesterie intégrant des arbres fixateurs d’azote tels que l’Albizia et le Moringa combiné à des arbres fruitiers comme des bananiers ou papayers.

Des repas déjà préparés dans les cantines incluent par exemple : riz accompagné d’anatsonga, légumes variés, petits pois, potages de manioc, pommes de terre, légumes du jardin… 

Cultiver aujourd’hui pour préparer demain

Un jardin scolaire peut sembler modeste. Quelques mètres carrés de culture, des enfants qui arrosent après les cours, quelques légumes récoltés pour la cantine. 

Mais derrière ces gestes se jouent des enjeux bien plus larges : nutrition, transmission des savoirs, résilience agricole, participation des familles et amélioration des conditions de vie. 

À Madagascar, ces jardins ne produisent pas seulement des légumes. Ils cultivent des compétences, des habitudes alimentaires plus diversifiées, une sensibilisation à l’agriculture durable… et parfois les moyens très concrets d’équiper une école.  

Chez Cœur de Forêt, nous sommes convaincus qu’améliorer durablement les conditions de vie passe par l’éducation, l’alimentation et la transmission des savoirs agricoles. Vous êtes aussi convaincus par la mise en place de jardins écoles, faites un don.  

drone jardin ecole

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