Ces dernières années, les campagnes de reboisement et de plantation d’arbres se multiplient. Mais entre reboiser, régénérer et préserver les forêts, quelle différence ?
Planter des arbres peut contribuer à lutter contre l’érosion des sols et à réguler les ressources en eau. Les arbres fournissent également du bois et des produits non ligneux aux populations locales, permettant de détourner une partie de la pression exercée sur les forêts anciennes.
Mais planter des arbres ne suffit pas à lui seul à préserver les écosystèmes forestiers.
Ces dernières années, les campagnes de reboisement se multiplient et la plantation d’arbres est souvent présentée comme une solution pour lutter contre la déforestation. Pourtant, il est important de distinguer reboisement, régénération et préservation des forêts.
Le reboisement peut avoir plusieurs bénéfices : il contribue à lutter contre l’érosion des sols et à la régulation des ressources en eau. Les arbres offrent également du bois et des produits non ligneux aux populations locales, permettant ainsi de détourner une partie de la pression exercée sur les forêts déjà existantes.
Mais planter n’est pas toujours nécessaire. Des recherches montrent que certaines forêts tropicales peuvent se régénérer naturellement à une vitesse étonnante lorsque les sols ne sont pas trop dégradés. Elles peuvent ainsi repousser rapidement et retrouver un écosystème forestier fonctionnel en 10 à 20 ans.
Il est donc essentiel d’agir vite et de réguler les activités agricoles afin d’éviter l’épuisement des sols. La régénération des écosystèmes endommagés peut ainsi être une réponse complémentaire à la plantation, lorsque les conditions le permettent.
Ne l’oublions cependant pas : une forêt n’est pas une simple juxtaposition d’arbres. Les écosystèmes forestiers sont uniques et complexes. Ils rassemblent des plantes, des insectes, des animaux et des micro-organismes qui interagissent entre eux.
Face à l’urgence climatique, à la destruction des habitats naturels et à la dégradation des sols, il est impossible de reconstituer rapidement la biodiversité d’une forêt ancienne. Selon une étude de la FAO, la superficie des forêts s’est accrue ces dernières années avec 294 millions d’hectares plantés, sans pour autant parvenir à contrer le poids de la déforestation mondiale. Entre 2015 et 2020, ce sont en moyenne 5 millions d’hectares plantés chaque année, pour 10 millions d’hectares déforestés.
Les forêts anciennes naturelles abritent une biodiversité irremplaçable, fournissent de nombreux services, notamment en matière d’eau et de nourriture, et permettent à plus de 1,6 milliard d’êtres humains à travers le monde de vivre, générer ou compléter leurs revenus.
Il est donc indispensable de les préserver. Leur dégradation et leur conversion vers d’autres usages, comme l’agriculture ou l’urbanisation, sont irréversibles. Il faut des centaines d’années pour atteindre un écosystème de forêt ancienne : une plantation ne peut pas remplir toutes les fonctionnalités d’une forêt ancienne en 10 ans.
Si la plantation est l’un des piliers de notre modèle de développement, notre travail se concentre avant tout sur les causes de la déforestation.
Pour agir contre la destruction des écosystèmes forestiers et protéger les populations qui en dépendent, il est nécessaire de réduire les causes de la déforestation ET de régénérer les écosystèmes endommagés.
Nous n’avons plus le luxe d’ignorer l’urgence : les solutions proposées doivent être réellement holistiques.
Ne perdons pas de vue notre objectif principal : enrayer l’extinction de la biodiversité et la déforestation. Pour cela, la priorité reste de protéger les forêts existantes et d’empêcher la destruction et la conversion des forêts anciennes.
Préserver les forêts existantes, régénérer les écosystèmes endommagés et agir sur les causes de la déforestation : c’est au cœur de l’action de Cœur de Forêt. Découvrez nos projets et soutenez nos actions pour protéger les forêts et les populations qui en dépendent.
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