Au centre des Hautes Terres de Madagascar, la forêt d’Ambaravaranala constitue l’un des derniers grands vestiges de forêt primaire de la région. Cet écosystème exceptionnel, souvent appelé par son nom local Ambaravaranala, s’étend sur environ 6 000 hectares et joue un rôle écologique majeur.
Cette forêt n’est pas seulement un espace naturel : elle régule les cycles de l’eau, protège les sols de l’érosion et constitue une ressource essentielle pour les communautés locales qui vivent à ses abords. Elle abrite également une biodiversité remarquable, dont plusieurs espèces de lémuriens emblématiques de Madagascar.
Les données récentes issues d’analyses satellitaires réalisées en 2024 sont préoccupantes. En seulement cinq ans, la forêt d’Ambaravaranala a perdu environ 1 900 hectares, soit près d’un tiers de sa surface initiale.
Les principales causes identifiées sont :
Aujourd’hui, il ne reste qu’environ 1 031 hectares de forêt à fort potentiel de conservation, soulignant l’urgence d’agir pour préserver ce patrimoine naturel unique.
Dans la région d’Ambaravaranala, la forêt fait partie intégrante du quotidien des habitants. Elle fournit :
Mais cette relation étroite est aujourd’hui fragilisée par la pression croissante sur les ressources naturelles et la réduction continue du couvert forestier.
Renforcer la gouvernance territoriale afin d’impliquer durablement les communautés dans la protection de la forêt.
Réhabiliter les zones dégradées tout en répondant aux besoins essentiels des populations en ressources naturelles.
Mettre en place des solutions économiques durables pour réduire la pression sur la forêt et améliorer les conditions de vie locales.
Installé à Ambaravaranala depuis plusieurs années, Charles Rémi, chef du village, a vu le territoire évoluer au fil du temps. Ancien éleveur venu chercher ici plus de sécurité pour son troupeau, il observe aujourd’hui les transformations profondes qui touchent la forêt.
Pour lui, la forêt est essentielle : elle fournit l’eau qui irrigue les rizières, offre des plantes médicinales indispensables au quotidien, abrite les lémuriens et contribue à maintenir les régimes de pluie dont dépendent les cultures locales.
Il rappelle avec force que la protection de la forêt est l’affaire de tous : habitants, comités villageois, autorités et partenaires. Sensibilisation, surveillance, reboisement et développement d’alternatives au bois sont autant de solutions concrètes pour préserver cet écosystème unique.
À Ambaravaranala, protéger la forêt revient aussi à protéger les moyens de subsistance des communautés qui vivent à ses côtés.
Les données issues du terrain montrent l’ampleur de l’urgence écologique dans la région.
En 2022, à Analabe, une forêt située à proximité d’Ambaravaranala, des inventaires forestiers ont révélé une chute préoccupante de la couverture forestière : en une dizaine d’années, la superficie est passée de 17 hectares à seulement 9 hectares. Aujourd’hui, certaines zones autrefois densément boisées sont devenues de simples prairies.
À Ambaravaranala, les signaux d’alerte sont similaires. Entre 2018 et 2024, la couverture forestière est passée de 5 810 hectares à 3 824 hectares, soit près de 2 000 hectares disparus en seulement six ans.
Si aucune action n’est engagée, les projections estiment que la forêt pourrait ne plus représenter que 2 650 hectares d’ici 2030.
Cette évolution rapide rappelle une réalité essentielle : protéger une forêt ne peut pas se limiter à tracer des frontières sur une carte. La conservation durable ne fonctionne que si elle est construite avec les populations locales, qui vivent autour de la forêt et dépendent directement de ses ressources.
La protection de la forêt d’Ambaravaranala est un enjeu global : biodiversité, climat, eau et développement local sont intimement liés.
La forêt d’Ambaravaranala n’est pas seulement un espace naturel de Madagascar : c’est un refuge pour des espèces uniques comme le sifaka, un régulateur écologique essentiel et un pilier pour les communautés locales.
Sa préservation dépend d’une mobilisation collective. Agir aujourd’hui, c’est garantir un avenir à cette forêt et à toute la biodiversité qu’elle abrite.
💚 Chaque contribution permet d’agir concrètement.
Avec 50 €, il est possible de financer le diagnostic d’1 hectare de forêt, une étape clé pour orienter les actions de conservation et de restauration.