Une forêt fragmentée, un lien à reconstruire au niveau des territoires

76% des français estiment que la gestion forestière devrait prioritairement viser la biodiversité plutot que la production

Depuis 2019, les attentes sociales envers la forêt ont profondément évolué. La fréquentation des forêts publiques françaises a augmenté d’environ 40%* avec une hausse particulièrement marquée autour des zones périurbaines. Parallèlement, certaines pratiques de gestion, notamment les coupes rases, cristallisent une forte défiance : une enquête indique que 82% des Français souhaitent interdire les coupes rases dans les forêts publiques, et 76% estiment que la gestion forestière devrait prioritairement viser la biodiversité plutôt que la production. Ces chiffres traduisent moins un rejet de la forêt de production qu’une demande accrue de sens, de transparence et de concertation. Les tensions locales et conflits d’usages qui émergent témoignent d’une perte de confiance entre citoyens, gestionnaires et décideurs publics.

LA BAISSE DE PRÈS DE 30 % DES EFFECTIFS DE L’ONF DEPUIS 2008
A RÉDUIT LA GESTION ET L’ANIMATION DES FORÊTS COMMUNALES

Ces attentes ne s’adressent pas à un acteur isolé, mais à l’ensemble de la chaîne forestière : propriétaires, gestionnaires, bûcherons, débardeurs, scieries, entreprises de transformation, élus et services publics.

Pourtant la cour des comptes

Tous sont aujourd’hui confrontés, à leur échelle, à cette crise du lien et à des injonctions parfois contradictoires entre production, protection et usages sociaux. Or, la gouvernance actuelle peine à y répondre :

• La Cour des comptes (2022) souligne que « la gouvernance de la forêt française demeure trop morcelée et dominée par quelques acteurs économiques ».

• L’accès à un bois local et traçable reste limité : environ 50 % du bois récolté est transformé hors de la région où il a été coupé (IGN).

• La baisse de près de 30% des effectifs de l’ONF depuis 2008 a également réduit la gestion et l’animation des forêts communales, laissant un vide en matière de conseil, de médiation et d’ingénierie territoriale.

SOUVENT PERÇUE COMME UN ABANDON OU UNE PEUR, LA LIBRE ÉVOLUTION DOIT ÊTRE RECONNUE COMME UN CHOIX DE GESTION À PART ENTIÈRE, RÉFLÉCHI, CONTEXTUALISÉ ET ASSUMÉ

Si la forêt est majoritairement privée en France, elle n’en demeure pas moins un bien commun, au sens de ses fonctions écologiques, paysagères, sociales et climatiques. Elle rend des services essentiels à l’ensemble de la société : stockage du carbone, régulation de l’eau, préservation de la biodiversité, cadre de vie et support d’activités économiques locales.
La gestion forestière engage ainsi une responsabilité collective, y compris vis-à-vis des générations futures. Cette dimension de transmission appelle des choix de long terme, lisibles et partagés, qui dépassent la stricte logique parcellaire ou individuelle.

Intégrée à une stratégie territoriale, la libre évolution complète la forêt de production et la forêt multifonctionnelle. Elle contribue à la biodiversité, à la résilience des écosystèmes et à l’évolution naturelle des milieux, à condition d’être expliquée, délimitée et concertée. L’enjeu n’est pas d’opposer les modèles, mais de les articuler au sein d’un projet cohérent.

La dimension écologique et paysagère souligne l’urgence de dépasser l’échelle de la seule parcelle forestière. L’INRAE rappelle que les mosaïques paysagères associant forêts, haies et zones humides renforcent la résilience hydrique des sols face aux sécheresses.

Près de 40 % des lisières forestières ne disposent pas de zones tampons agricoles adaptées, limitant la continuité écologique et l’adaptation des écosystèmes.

Ces constats convergent vers une même évidence : la forêt ne peut plus être pensée ni gérée en silo. Elle s’inscrit dans un territoire vivant, traversé par des dynamiques écologiques, agricoles, économiques et sociales interconnectées

Tribune Forêts vivantes, territoires résilients Coeur de Forêt

Signez notre manifeste et faisons évoluer la gestion forstière !

Les propriétaires forestiers restent trop souvent seuls face à des choix complexes, tandis que des pratiques plus durables et résilientes peinent à s’imposer.

Avec ce manifeste, nous mettons en lumières 3 constats qu’il est urgent de faire évoluer les pratiques forestières, les modes d’accompagnement et les politiques publiques. En devenant signataire, vous nous aidez à promouvoir ces changements de pratiques dans le débat public.

Nos solutions

1 – L’animation territoriale comme levier central : Le morcellement de la petite propriété forestière peut être un frein, mais aussi une opportunité de transformation collective. Le changement ne s’opère pas par des discours théoriques, mais par le concret, le visible et l’exemple. Une parcelle bien gérée peut rassurer, inspirer et susciter des échanges, entraînant une dynamique positive à l’échelle d’un territoire. L’animation territoriale est donc cruciale. Propriétaires, acteurs de la filière bois, collectivités locales, chartes forestières de territoire et citoyens doivent être associés pour faire émerger une vision commune. Certains acteurs existent sur les territoires et ont besoin de renforcer le partage d’expérience, de leurs réussites autant que leurs contraintes pour mutualiser ces dynamiques.

2 – Penser la forêt comme une mosaïque vivante : Nous défendons une approche territoriale de la forêt. Une forêt ne peut être réduite à une juxtaposition de parcelles isolées : elle s’inscrit dans un paysage vivant, un réseau de milieux interconnectés. Cette approche invite à dépasser le seul prisme forestier pour adopter une vision d’ensemble des territoires et de
leurs dynamiques. La forêt doit être pensée comme une mosaïque associant peuplements forestiers, haies, zones humides, prairies, cours d’eau et espaces agricoles. Ces éléments, reliés par des corridors écologiques, sont indispensables aux migrations des espèces, à la régulation de l’eau et à l’adaptation au changement climatique. Cette cohérence territoriale est d’autant plus essentielle que les politiques forestières mobilisent des financements publics, qui doivent servir des objectifs d’intérêt général et produire des bénéfices durables pour les territoires et la société.

3 – Faire de la forêt un projet politique levier de territoire : Nous appelons les élus à inscrire la forêt au cœur de leur projet de mandat, non pas comme une compétence marginale, mais comme un levier de résilience territoriale. De nombreuses actions sont immédiatement mobilisables : soutien aux diagnostics forestiers, co-organisation de réunions publiques, accompagnement des groupements forestiers, dispositifs d’information citoyenne, intégration de la forêt dans les projets intercommunaux (PETR, SCOT, PCAET).

Faire territoire autour de la forêt, c’est reconnaître sa pluralité d’usages, de fonctions et d’acteurs, et en faire un bien commun vivant, transmis et partagé. Faisons de chacun, élus, citoyens, forestiers, bûcherons, débardeurs, scieries et agriculteurs, des acteurs de ces forêts vivantes, au service de territoires résilients et solidaires.

Visuel Agriculteur Homme

LILA ET JEAN, PROPRIÉTAIRES FORESTIERS,HÉRITIERS D’UN BOIS FAMILiAL ACCOMPAGNÉS

Cœur de Forêt nous a accompagné dans une gestion globale et durable de notre espace forestier : diagnostic général et marquage, réflexion et accompagnement sur la création d’un Jardin Forêt, coupe et débardage à cheval. Nous pensions initialement que la non-intervention était la seule alternative, à la fois écologique et respectueuse de l’environnement. Les rencontres avec les techniciens de Cœur de Forêt nous ont montré qu’un interventionnisme réfléchi, raisonné et sur le long terme peut avoir des effets positifs sur l’évolution de l’écosystème forestier. Il est essentiel de prendre conscience de la valeur des espaces boisés, même de petite taille, et des ressources précieuses qu’ils peuvent offrir.

Partager ce manifeste

Pourquoi ce manifeste ?

À partir de 2000 signatures, un manifeste est plus susceptible d’obtenir des retombées dans la presse.

Avec ce manifeste, nous voulons rassembler propriétaires, citoyens et acteurs de la filière autour de trajectoires crédibles et d’un discours alternatif à la gestion court-termiste.

Signez ce manifeste, et contribuez dès aujourd’hui à construire des forêts vivantes, résilientes et des territoires durables ! Grâce à votre voix, nous diffuserons cette vision alternative des forêts françaises dans la sphère publique et politique.

Tribune Forêts vivantes, territoires résilients Coeur de Forêt
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notre manifeste complet !

Rejoignez les 580 signataires de ce manifeste !

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