Dans les Yungas boliviennes, la forêt n’a pas encore livré tous ses secrets… Une nouvelle espèce de chat sauvage vient d’y être officiellement identifiée : Leopardus tilcayo, aussi appelé « tilcayo » par les populations locales.
Cette découverte est exceptionnelle : il s’agit de la première nouvelle espèce de félin sauvage décrite scientifiquement depuis plus de 100 ans.
Et ce petit félin a un lien tout particulier avec Cœur de Forêt : il vit dans les forêts des Yungas, au cœur même de la zone où nous intervenons depuis 2012 pour préserver les écosystèmes forestiers.
Leopardus tilcayo est un petit chat sauvage qui vit dans les forêts de montagne des Yungas boliviennes. Plus petit qu’un chat domestique, il mesure environ 45 à 46 cm et pèse autour de 1,3 à 1,4 kg. Son pelage brun clair est couvert de rosettes et sa longue queue le distingue notamment des autres petits félins avec lesquels il était jusqu’ici confondu.
Pendant longtemps, ce félin était considéré comme appartenant à une autre espèce. C’est en étudiant un individu accueilli au refuge animalier Senda Verde, dans les Yungas, que les chercheurs ont commencé à s’interroger sur son identité.
Des analyses génétiques menées sur 38 individus du genre Leopardus ont finalement permis de confirmer qu’il s’agissait bien d’une espèce distincte. Les chercheurs estiment que la lignée de Leopardus tilcayo s’est séparée de ses proches il y a environ 1,4 million d’années.
Le nom « tilcayo » a été conservé en référence au nom utilisé depuis longtemps par les populations locales.
Comme les autres petits chats sauvages, le tilcayo est un mésoprédateur : il occupe une place intermédiaire dans la chaîne alimentaire et contribue notamment à réguler les populations de petits mammifères et de rongeurs.
Mais cette espèce reste encore largement méconnue. Les scientifiques disposent aujourd’hui de très peu de données sur ses populations, ses habitudes et son territoire. Des observations indiquent notamment une activité probablement nocturne et une alimentation comprenant de petits rongeurs.
Un des individus étudiés vit aujourd’hui au refuge Senda Verde. Il avait été recueilli après avoir été trouvé alors qu’il était encore jeune. Une femelle de la même espèce, blessée dans la région, a également pu être étudiée avant d’être relâchée dans son habitat.
Cette découverte rappelle surtout l’importance de préserver les forêts dans lesquelles vivent encore des espèces que nous connaissons à peine.
Leopardus tilcayo vit précisément dans les Yungas boliviennes, un territoire où Cœur de Forêt agit depuis 2012 pour préserver les forêts et la biodiversité.
Nous avons notamment participé au reboisement de Senda Verde, le refuge où vit aujourd’hui l’un des individus connus de cette nouvelle espèce. En restaurant les espaces forestiers, nous contribuons directement à préserver les milieux dont dépendent les espèces qui y vivent.
Au-delà de cette parcelle, notre projet en Bolivie agit avec les populations locales pour restaurer les forêts, développer l’agroforesterie et préserver la biodiversité des Yungas.
La découverte du tilcayo nous rappelle une chose essentielle : protéger une forêt, c’est aussi protéger tout ce qu’elle abrite, y compris des espèces que nous n’avons pas encore fini de découvrir.
Depuis 2012, Cœur de Forêt agit aux côtés des populations locales pour préserver les forêts boliviennes et restaurer les écosystèmes dégradés. Parce que chaque arbre planté contribue à recréer un habitat pour la biodiversité, soutenir nos actions en Bolivie, c’est aussi contribuer à préserver des espèces uniques comme le tilcayo.