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  • Photo du rédacteurElisa Fauvernier

On parle de nous - Notre passage dans l'émission "Je pense donc j'agis" sur RCF

Dernière mise à jour : 2 mai 2023



Ce mardi, à l'occasion de la Journée Internationale des Forêts, nous avons été invités par l'émission "Je pense, donc j'agis" diffusée sur la radio RCF, pour parler de la situation des forêts dans le monde et de leur préservation.

Afin de partager notre vision, c'est Alice Gontier, notre Responsable Développement et Communication et qui est venue témoigner notre expérience de la préservation des forêts. Un grand merci à Melchior Gormand, le présentateur de l'émission, ainsi qu'aux autres associations intervenantes avec qui nous avons pu échanger et partager nos visions.


Si vous souhaitez écouter ou (ré)écouter l'émission et notre intervention, vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous :




Et sinon, voici un récapitulatif de ce que nous avons pu partager au cours de ces échanges.


L'industrialisation des forêts françaises, un signal d'alerte


Lorsque l'on s'intéresse aux modes de gestion des forêts en France, on constate des incohérences qui ont tendance à s'aggraver. Notamment au vu des moyens accordés aux structures qui s'occupent de leur gestion, trop dérisoires pour répondre aux besoins de nos forêts. Face à la pression démographique et les besoins en matières renouvelables, la production de bois n'est pas une mauvaise solution. Mais si la forêt est source de matières renouvelables, il faut s'assurer qu'elle sera capable de nous fournir toutes ces ressources et ces services dans les dizaines et les centaines d'années à venir.

Utiliser la forêt, récolter du bois n’est pas un mal en soi. Nous avons tendance à stigmatiser les personnes qui récoltent du bois et travaillent dans la filière bois. Malgré tout, nous devons également assumer l'existence de dérives très importantes dans cette filière.

Au fil des années, la filière bois a vécu une industrialisation qui vient affecter la qualité de notre eau, des sols et vient menacer la biodiversité et l'humain.

On entend de plus en plus fréquemment parler de récoltes avec des coupes à blanc qui viennent affaiblir les écosystèmes, mais ce système alimente également la détresse humaine. Temps de travail intensif, endettement des acteurs pour acheter des machines toujours plus colossales. Ces exemples se confondent avec système agricole intensif qui atteint déjà ses limites. Les acteurs de la protection de la Nature partagent difficilement les mêmes objectifs que ceux qui la perçoivent uniquement comme un objet économique. Entre ces deux visions diamétralement opposées, nous devons trouver des compromis.

En tant qu'association, notre rôle est de porter un message raisonnable : il est primordial de nous concerter à l’échelle locale et nationale pour trouver des solutions et éviter ces pratiques délétères.


Préserver les forêts françaises grâce à des acteurs ancrés sur le terrain

Gérer durablement une forêt, cela demande de tisser un réseau d'acteurs ancrés sur le terrain. Par leur connaissance fine des besoins des propriétaires et des massifs forestiers, ce sont eux qui vont pouvoir animer nos territoires et mettre en place des modes de gestion adaptés.

Ce métier, très humain, est pourtant devenu très numérique, le nombre d'agents ayant tendance à diminuer, ils doivent superviser des parcelles forestières toujours plus grandes.

Nous ne devons pas négliger l'importance des travailleurs de la filière forêt bois. Ils font partie des premiers acteurs qui protègent nos forêts et leur assurent une vie sur le long terme.


Notre intervention sur le projet France, imaginer des modes de gestion durable sur notre territoire


Il est important de rappeler qu'en France, une personne sur 20 est propriétaire d'une parcelle forestière. La grande majorité de ces propriétaires, près de 90 % d'entre eux, possèdent moins de 10 hectares, et sont décisionnaires de la gestion de leurs bois. Ainsi, dans le Sud-Ouest, notre association agit depuis 2017 à accompagner ces propriétaires.

En discutant avec les propriétaires et en les accompagnant, nos équipes forment et sensibilisent les propriétaires à une gestion en cohérence avec leurs besoins adaptée au contexte de leurs bois. C'est ce travail de fourmis qui, pas à pas, contribue à mettre en place une gestion durable des forêts sur notre territoire.

Pour lutter contre le changement climatique, nous misons sur la diversité de nos peuplements forestiers et nous constituons garants d'un couvert forestier continu. Car raser et décaper les sols pour replanter de jeunes plants non résistants a des sécheresses ne fonctionne pas.

En réaction à l'intervention d'un auditeur, nous avons pu aborder la « futaie jardinée ». Un mode de gestion forestière où l'on ne va pas nous-mêmes intervenir par la plantation d'arbre. Concrètement, cela consiste à aller examiner sa forêt pour évaluer quels seront les arbres d'avenir, en récoltant certains arbres pour laisser la lumière passer. Ces arbres d'avenir peuvent être sélectionnés, car ils ont la bonne morphologie pour produire du beau bois à maturité ou parce que ce sont des arbres semenciers qui vont permettre de garantir la régénération naturelle des plus jeunes arbres. Sur notre projet en France, nous sélectionnons également des « arbres sociaux », les arbres auxquels les propriétaires sont attachés d'un point de vue émotionnel, car ils les apprécient, ou qu'ils leur rappellent un souvenir et qu'ils veulent conserver.


Pour préserver les forêts, arrêtons la déforestation et luttons contre leur dégradation


Lorsque l'on s'intéresse aux causes de la dégradation des forêts et de la déforestation, on constate qu'en France et à l'international, l'humain est principal responsable de ce dépérissement des forêts.

Même si les contextes et les écosystèmes varient, notre rôle est de trouver des solutions pour accompagner les populations qui dépendent des forêts. À l'échelle internationale, 1,5 milliard de personnes dépendent directement des écosystèmes forestiers pour répondre à leurs besoins. Ainsi, pour préserver les forêts, nous avons choisi de lutter contre les causes de sa disparition.


Dans le monde, la principale source de déforestation est l'agriculture, dont 33 % provient de l'agriculture de subsistance qui sert à produire une alimentation du quotidien. Pour régler le problème de la déforestation, nous accompagnons les populations dans la production de cultures qui répondent aux besoins de leurs familles sans devoir dégrader la biodiversité et les forêts.

Pour cela, nous mettons en place de nombreuses activités qui dépassent la plantation d'arbres. Par exemple, de par notre expertise agronomique, nous accompagnons les producteurs dans leurs activités agricoles. En menant des campagnes de sensibilisation dans les écoles, les communautés, au niveau des politiques publiques et à toutes les échelles d'un territoire, nous diffusons un courant de préservation des écosystèmes forestiers.

Car cela va de pair, les projets pertinents doivent porter cette vision holistique, en menant à la fois des activités de reforestation, mais sans oublier la préservation des forêts. Reforester sans mettre en place des actions de préservation sur le long terme reviendrait à jeter de l'argent par les fenêtres et perdre ce temps dont nous manquons.


Derrière l'arbre, l'humain


Cette année, Cœur de Forêt a renouvelé sa baseline, elle a pour objectif de résumer notre vision et notre mode d'action en une seule phrase : "Derrière l'arbre, l'humain".

Derrière cette phrase, nous voulons transmettre l'idée que dans le monde actuel, nous ne pouvons pas désolidariser la forêt de l'humain.

Que ce soit dans les solutions de restauration ou de préservation des forêts, il est nécessaire de mettre en place une implication et une imbrication de ces deux parties. Les objectifs internationaux de préserver fortement 30 % des territoires, cela ne doit pas mettre entièrement sous cloche les forêts et empêcher les gens de vivre dans ces zones, ni permettre de détruire les 70 % restants.

Comment s'engager à nos côtés ?


Pour s'engager avec Cœur de Forêt, le don est un moyen direct de soutenir nos projets en France et à l'international où il y a de gros besoins de financements sur des projets de qualité. Les financements sont le nerf de la guerre de la solidarité internationale en termes de préservation des écosystèmes, mais aussi des communautés locales.

Plus largement, pour préserver les forêts au quotidien en tant que citoyens et citoyennes en France, l'Empreinte Forêt d'Envol Vert est un très bon outil. Tout comme le calcul de son empreinte carbone qui est un excellent moyen de faire son bilan à titre individuel et mieux échelonner son impact sur la Nature. Et ensuite, il est nécessaire de se former aux enjeux de la déforestation, mais également de découvrir les solutions pour préserver les forêts !




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