• Alice Gontier

[Rapport] Bilan 2019 Projet Madagascar Antsirabe

Mis à jour : il y a 7 jours

Situé dans l’océan Indien, au large des côtes du Mozambique, Madagascar fait partie des pays les plus pauvres du monde avec encore en 2010, 75.3% de la population vivant en-deçà du seuil de pauvreté. En proie à une instabilité politique très forte ainsi qu’à un niveau élevé de corruption, le pays connait depuis des décennies un pillage croissant de ses ressources naturelles. D’une manière générale à Madagascar, la proportion de zones forestières recule chaque année passant de 22.7 % à 22.6% entre 2004 et 2006 par exemple. Cette déforestation s’explique par une surexploitation des ressources forestières de la part d’une population rurale très pauvre et non informée sur les conséquences d’une gestion non maîtrisée des ressources naturelles. Madagascar est également le pays par excellence des huiles végétales et essentielles en raison de la forte biodiversité concentrée au sein de l’île. Ces produits à forte valeur ajoutée, suscitant l’intérêt des entreprises de cosmétique et de parfumerie à l’international, sont issus de filières désorganisées, rarement traçables et peu respectueuses de l’environnement : les espèces sauvages sont illégalement prélevées sans respect de plan de gestion tandis que les espèces cultivables sont bien souvent issues de monocultures causant une forte dégradation et un appauvrissement des sols (sols lessivés et déstructurés menant le monde paysan à user d’intrants chimiques pour maintenir artificiellement leur fertilité). Au-delà, ces filières ne permettent pas de rétribuer à juste mesure le premier maillon essentiel de la chaîne qu’est le producteur. Déconnectés des marchés en raison de leur condition sociale et leur manque de structuration, les producteurs sont cantonnés au rôle de cultivateur et n’ont pas accès aux infrastructures de valorisation (alambic, presse végétale) qui constituent pourtant l’outil de création de la valeur ajoutée. En réalité, la majeure partie des exportations passe par des grosses sociétés qui achètent la «masse verte» aux petits paysans malgaches et qui procèdent ensuite à leur transformation. De ce fait, la plus-value est générée au bénéfice des sociétés et non des producteurs. Ainsi, c’est dans un contexte environnemental, social et commercial défavorable au producteur que le projet de Cœur de Forêt à Antsirabe s’inscrit. Par l’accompagnement des producteurs vers une meilleure formation, structuration, et visibilité sur les marchés, le projet entend les impliquer comme premier acteur dans la préservation de leurs ressources naturelles.

REFORESTATION PRESERVATION

La saison de plantation des arbres à Madagascar s’étend du mois de décembre au mois de mars de l’année suivante. La campagne de plantation 2018/2019 s’est ainsi clôturée au premier trimestre 2019 avec un bilan de 78 447 arbres plantés. Le reste de l’année 2019 a été consacrée à la préparation des plantations de la campagne 2019/2020 : choix des espèces, modèles de plantation, mise en pépinière, recherche de terrain et partenaires pour les futures plantations.

La campagne de plantation 2019/2020 devrait se terminer au mois de mars 2020, pour un bilan total de 175 000 arbres plantés de 16 espèces différentes. Ces plantations sont mises en place avec 42 partenaires sur 336 sites représentant une surface totale de 275,635 hectares. Le nombre important de sites et partenaires différents nécessite une mobilisation accrue des équipes Cœur de Forêt Madagascar. Les modalités de chaque projet sont formalisées dans un contrat spécifiant le nombre d’arbres plantés, le modèle de plantation sélectionné mais aussi les engagements d’entretien des arbres pris par le partenaire. Coeur de Forêt assurera ensuite un suivi des plantations et de la bonne gestion de la parcelle par le partenaire.

Les essences sélectionnées sur le projet sont des essences majoritairement locales, endémiques pour certaines. Nous avons ainsi planté les espèces suivantes : Roy (Acacia mangium)(LC), Jacaranda (Jacaranda mimosifolia)(VU), Tsitoavina (Dodonaea madagascariensis)(*), Phyllarthron ou Zahana (Phyllarthron madagascariensis)(*), Filao (Casuarina equisetifolia)(LC), Cyprès du Portugal (Cupressus lusitanica), Sugi ou Cryptomeria du Japon (Cryptomeria japonica)(NT), Anakaraka (Cordyla madagascariensis) (*)(NT), Kininina (Eucalyptus camadulensis)(LC), Kininina oliva (Eucalyptus citriodora)(LC), Grevillea (Grevillea banksii), Hazomena (Khaya madagascariensis)(*)(EN), Ravintsara (Cinnamomum camphora)(LC), Mantaly (Terminalia mantaly)(*)(LC), Kininina (Eucalyptus robusta).

légende :

1. Réunion de préparation et formation à la plantation à Ambohibary / 2. Pépinière sur le CFE de Cœur de Forêt à Ibity / 3. Journée de plantation sur la saison 2018-2019 / 4. Plant d’Acacia mangium / 5. Plant de Tsitoavina (Dodonaea madagascariensis) adulte / 6. Reboisement avec la DREF à Betafo



Parmi ces espèces, celles suivies d’un astérisque (*) sont endémiques de Madagascar, et parfois également sur liste rouge de l’UICN, avec un statut de conservation donnant la gravité de la menace qui pèse sur l’espèce citée. Les statuts de conservation UICN vont du moins critique au plus critique : (NT) pour Near Threatened (en français : Quasi-menacé), (LC) pour Least Concern (en français : Préoccupation mineure), (VU) pour Vulnerable (en français : Vulnérable), (EN) pour Endangered (en français : En danger).

Le diagnostic forestier réalisé en avril 2019 a pu faire ressortir le manque de capacité des autorités locales chargées de la gestion forestière à faire réguler la pratique du tavy, ou abattis-brûlis dans la région du Vakinankaratra, région où intervient Cœur de Forêt.

Suite à ce diagnostic, 4 modèles de reboisement ont été formalisés : forêt de conservation, forêt de protection, forêt de production et cultures en agroforesterie. Le modèle « forêt de conservation » permet de restaurer écologiquement des écosystèmes forestiers dégradés ou détruits. Sans pouvoir retrouver des forêts originelles, l’objectif est de préserver la flore unique de Madagascar en se rapprochant au plus de l’écosystème qui a été anciennement détruit. La plantation d’essences endémiques typiques des forêts tropicales sèches permet de « réhabiliter » ces forêts. Le modèle « forêt de production » vise l’obtention de forêts avec une production de bois optimisée, par le choix d’un schéma d’aménagement cohérent, et par les traitements sylvicoles doux qui lui seront appliqués. La production de bois pour les usages des populations locales, bois de chauffe et production de charbon de bois, permet ainsi de diminuer la pression sur les forêts naturelles surexploitées et déforestées. Le modèle « forêt de protection » permet la restauration des sols avec des espèces spécifiques qui le nourrissent et le structurent, il peut ainsi limiter l’érosion des bassins versants, restaurer et ou maintenir le cycle de l’eau pour limiter la pollution des cours d’eau, assurer la continuité écologique entre plusieurs écosystèmes forestiers, ... Enfin, le modèle « cultures en agroforesterie », procure une approche de production agricole associant différentes espèces d’arbres, d’arbustes et autres plantes pour la commercialisation et/ou l’auto-alimentation. L’agroforesterie désigne toutes les pratiques qui allient les arbres à tout autre type de production agricole (élevage, maraîchage, vergers, etc.).



légende :

1. Plant de Jacaranda (Jacaranda mimosifolia) adulte / 2. Feuillage de Roy (Acacia mangium) / 3. Pépinière sur le CFE Cœur de Forêt d’Ibity / 4. Bruto, journée de reboisement près de l’EPP Ambohimena Ambano / 5. Plant de Phyllarthron ou Zahana (Phyllarthron madagascariensis) / 6. Feuillage de Cyprès du Portugal (Cupressus lusitanica) / 7. Pépinière de la DREF gérée en partenariat par Cœur de Forêt /


Chacun des modèles correspond à une sélection d’espèces imposées par Cœur de Forêt, afin d’éviter la sur-plantation d’arbres à croissance rapide comme l’acacia et l’eucalyptus. Ces différents modèles sont proposés aux futurs partenaires en fonction des objectifs et du contexte local de chaque plantation, pour répondre au mieux aux enjeux de restauration des écosystèmes forestiers et aux réalités socio-économiques des populations locales.

A rappeler également pour 2019, une convention de partenariat a été signée avec la Direction Régionale de l’Environnement et du Développement Durable (DREDD) pour une période de 5 ans. Cœur de Forêt Madagascar devient ainsi un partenaire privilégié de la DREDD dans la gestion des campagnes de plantation de la région. L’institution qui centralise les demandes des partenaires, s’appuie ensuite sur Cœur de Forêt Madagascar pour la réalisation de ces plantations : de la production à la plantation en passant par la distribution des arbres ainsi que le suivi de ces plantations.


légende :

1. Formation au reboisement des planteurs de la saison 2019-2020 / 2. Reboisement sur le Fokontany (district) de Vakinifasina à Betafo / 3. Plant de Ravintsara (Cinnamomum camphora) / 4. Parcelle d’agroforesterie en association Acacia mangium et Géranium (Pelargonium roseum) sur le CFE de Ibity / 5. Rivière en bordure de la parcelle reboisée dans le Fokontany de Vakinifasina à Betafo / 6. Zone de reboisement avec à Tsiafajavona /


Association culturale

A Madagascar, la production de géranium à visée industrielle est basée sur des systèmes de monoculture intensifs. Il est pourtant de plus en plus admis que ce mode de production agricole est fragile et peu durable. Ces systèmes sont peu résilients face aux bio-agresseurs et aux aléas climatiques et ne maintiennent des rendements élevés qu’au prix d’une utilisation massive d’intrants chimiques, conduisant à des pertes de biodiversité et à un appauvrissement des sols très importants.

Afin d'intensifier de façon durable la production de géranium, Cœur de Forêt s'intéresse aux modèles culturaux tels que les systèmes avec associations culturales. Une diversité plus importante d’espèces au sein des parcelles peut avoir d'importantes conséquences sur les cultures, notamment une augmentation de la production.

En 2019, nous avons donc poursuivi le travail de réflexion méthodologique initié en 2018 avec la rédaction d’un protocole scientifique. L’objectif est de formaliser les relevés et la capitalisation des rendements en masse verte (feuilles de géranium ou de citronnelle) et en huiles essentielles lors des distillations, en fonction des types d’associations culturales testées sur la plateforme d’Ibity.

Notre étude cherche à déterminer dans quelle mesure les systèmes de cultures associées en rotation influencent la production en masse verte du géranium et le rendement des cultures associées. L'étude du développement du géranium rosat en association avec des cultures vivrières permettra de juger de la performance des différents modèles de rotation d’associations culturales choisies. Les systèmes les plus performants seront alors diffusés auprès des producteurs intéressés.

Les premières mesures ont été réalisées à la saison de distillation en septembre/octobre pour les expérimentations d’associations culturales avec citronnelle et d’associations culturales avec géranium. Il faut attendre la fin du cycle de rotation (4 ans) pour espérer pouvoir conclure à un potentiel effet de l’association culturale sur le rendement de géranium et de citronnelle.




1. Compost solide mature / 2. Compost en tas en cours de maturation / 3. Récolte des plants de géranium (Pelargonium roseum) sur le CFE de Ibity / 4. Parcelle expérimentale en association de Citronnelle (Cymbopogon citratus) sur le CFE de Ibity / 5. Compostière sur le sur le CFE de Ibity / 6. Parcelle de culture de géranium (Pelargonium roseum) sur le CFE de Ibity / 7. Récolte du géranium sur le CFE d’Ibity / 8. Visite chez Mr Mamy, producteur Equimada par la fondation Tany Meva /


Fertilisation

Le manque de références actuelles sur des méthodes de bio-fertilisation adaptées à la citronnelle et au géranium dans le contexte malgache amène fréquemment les producteurs à apporter des doses standards de fertilisants – souvent chimiques – probablement inadaptées à la culture, ou encore à ne recourir à aucune fertilisation.

Les études sur la fertilisation continuent également sur la plateforme d’Ibity. Les 1ères expérimentations avaient débuté en 2018 et comparaient 4 types de fertilisants différents pour la citronnelle et le géranium : compost liquide, compost solide, Guanomad (engrais biologique à base des déjections de chauves-souris) et corne de zébu broyée. Cette 1ère série d’expérimentations sur la fertilisation s’est terminée en 2019 et les résultats ont permis de tirer les conclusions suivantes :

Pour la citronnelle, les composts liquides et composts solides sont intéressants, bien que la modalité la plus performante soit le Guanomad. Les dosages d’utilisation seront à affiner en 2020. En effet, les compost liquides et solides appliqués aux doses minimales augmentent les rendements en matière verte, mais ce n’est plus le cas avec des doses plus importantes de fertilisant. L’hypothèse pour expliquer ce phénomène serait que les composts testés sont trop riches en phosphore. Cela inhiberait la prolifération de certains champignons en symbiose avec les racines de la citronnelle, diminuant ainsi la capacité d’absorption en nutriments de la plante et provoquant une diminution du rendement en masse verte.

Pour le géranium, tous les types de fertilisation permettent une augmentation significative du rendement en masse verte, et ce sans effet de dosage.

En plus d’exclure les intrants chimiques, les fertilisants que nous diffuserons auprès des producteurs doivent permettre une augmentation des rendements, sans mettre en péril l’équilibre financier des producteurs déjà dans une situation de précarité. Même si les composts liquides et composts solides ne sont pas les plus efficaces pour l’augmentation du rendement en matière verte, leur faible coût les fait ressortir comme les plus intéressants dans le contexte économique des producteurs de plantes aromatiques et médicinales de la région. Le Guanomad et la corne de zébu broyée étant très chers, ils ne sont donc pas privilégiés.

De nouveaux types de composts, avec différentes compositions en éléments minéraux : sodium, phosphore et potassium, vont être testés en 2020. Les observations des effets sur le géranium permettront ainsi d’affiner les dosages à appliquer en fonction des cultures. Les différents types de composts seront testés seuls ou en association (compost solide + compost liquide) pour un total de 6 modalités testées : Compost chinois (anciennement compost solide), Compost liquide, Compost Bokashi (compost fermenté), Fumier recyclé, Compost andain, Compost chinois + liquide.

Les nouvelles expérimentations n’ont pas pu débuter au 2nd semestre 2019 car une pénurie de fumier a empêché la fabrication des composts. La situation a été résolue fin 2019 et les composts pourront ainsi être utilisés pour le nouveau cycle d’expérimentation lors de la transplantation des plants de citronnelle et de géranium en mars 2020. Cette expérimentation se fera sur la nouvelle ZIA (zone intérêt agricole) exploitée par l’association Cœur de Forêt Madagascar.


légende :

1. Application de compost liquide par aspersion sur plant de géranium (Pelargonium roseum) pour l’expérimentation fertilisation / 2. Application de compost liquide sur plants de géranium (suite) / 3. Parcelle culturale de géranium en association culturale / 4. Application de compost liquide sur plants de géranium (suite) / 5. Application de compost liquide sur plants de géranium (suite) / 6. Producteur de la coopérative Equimada /


Diagnostic Agraire

Comme indiqué dans le rapport semestriel, le diagnostic agraire s’est terminé en mars 2019. Il a fait état d’une zone en pleine crise de fertilité des sols, avec assèchement et difficulté d’accès à l’eau, à laquelle s’ajoute une crise du foncier et une extrême précarité des producteurs. C’est pourquoi nous avons choisi de prioriser les expérimentations autour de la fertilisation. Des typologies et des stratégies ont été définies afin de mieux cerner les enjeux et les besoins des producteurs. De nouvelles expérimentations verront le jour par la suite sur les techniques d’amendement et d’amélioration de la fertilité du sol.


Efficacité énergétique

En terme d’efficacité énergétique, les progrès sont significatifs. Initialement, la consommation de bois atteignait 120 à 150 kg par distillation. Avec le 1er prototype de chaudière, les besoins ont été réduits et la consommation par distillation est descendue entre 90 à 110 kg. Enfin, le dernier prototype de chaudière ne nécessite plus que 75 à 100 kg de bois. Cela représente donc une économie en bois de l’ordre de 30 à 40% entre les modèles de chaudières avant l’expérimentation et les prototypes n°2.

légende :

1. Paysage de la zone de Ambohitrimanjato, étudiée dans le cadre du diagnostic agraire des hauts plateaux de Madagascar / 2. Parcelle labourée de la zone de Ambohitrimanjato, diagnostic agraire / 3. Paysage et rizières de la zone du diagnostic agraire / 4. Alambic à feu direct avant amélioration / 5. Famille auditée dans le cadre du diagnostic agraire / 6. Producteur bénéficiaire sur le CFE d’Ibity / 7. Parcelle de géranium sur la coopérative Equimada /


Le coût d’un nouveau foyer est d’environ 2 000 000 Ar, soit un peu moins de 500 €. Deux alambics ont été équipés de chaudières économes : à Ibity, sur la plateforme d’expérimentation Cœur de Forêt, et chez un autre distillateur, Mr Andry. Moussa ALI TALAKA, technicien agricole sur le projet, a été formé à leur installation et à leur utilisation en vue de la campagne de diffusion. Cœur de Forêt s’occupera également du suivi et de la capitalisation des chantiers dans le cadre de son partenariat avec Initiatives Développement Comores.

Agroforesterie

L’année 2019 a également vu les premières récoltes de géranium et de citronnelle dans le cadre de l’expérimentation « Agroforesterie » débutée en 2017. Les feuillages des deux plantes sont récoltés et pesés pour déterminer si le mode de culture en agroforesterie augmente significativement le rendement en masse verte des plantes aromatiques et médicinales. Un seul compte rendu a été réalisé sur le géranium, celui sur la citronnelle sera réalisé courant 2020.

Les premiers résultats montrent une disparité de résultats en fonction des 5 modèles agroforestiers utilisés en association avec le géranium. En effet lorsqu’on étudie spécifiquement les résultats de l’association Issa-Géranium (Rhus taratana et Pelargonium roseum), on obtient un rendement en masse verte de géranium 1,3 fois supérieur au témoin. Le rendement obtenu le plus faible est celui de l’association Acacia-Géranium (Acacia mangium et Pelargonium roseum). C’est, à priori, étonnant car l’acacia étant une légumineuse, famille de plantes qui permettent l’augmentation de la quantité d’azote dans le sol, nous nous attendrions plutôt à un rendement plus important en géranium. Les résultats doivent donc être confirmés sur les saisons suivantes, auquel cas des analyses de sols seront à prévoir pour trouver la cause de ce phénomène.


légende :

/ 1. Parcelle en agroforesterie / 2. Isolation de la chaudière à alambic / 3. Chaudière à alambic de Mr Bernard, producteur audité à Ambositra / 4. Travaux d’isolation complète de la chaudière à alambic /5. Travaux d’amélioration de la chaudière à alambic dans le cadre de l’amélioration énergétique des distillations



Macrofaune du sol

Un recensement de la macrofaune d’invertébrés du sol a été lancé en 2018, afin de suivre la biodiversité présente sur le site. Les intérêts écologiques et agronomiques des espèces d’invertébrés identifiées sont ensuite mis en relation avec les pratiques et modèles agronomiques. Cette démarche permet de sensibiliser les producteurs à la vie biologique des sols et ainsi à l’adoption de pratiques agro-écologiques permettant le maintien de cette vie dans le sol, garante d’une bonne fertilité.

En 2019, les mêmes tendances sont observées : la diversité spécifique ainsi que l’abondance des communautés identifiés reste assez faible. La perturbation du milieu due au travail agricole est probablement responsable en grande partie de cette pauvreté entomologique. Seulement, une espèce de genre carabe (calosoma sp) et une espèce de ver annélide (Pontoscolex corethrurus) ont été identifiées. Ces deux taxons sont de bons bio-indicateurs, le suivi de l’évolution de leur abondance et de leur diversité permettra de caractériser l’impact des cultures de Cœur de Forêt sur la qualité de l’environnement.

Les individus capturés cette année et ceux l’année dernière sont d’espèces différentes. Il se pourrait que certains individus aient mal été identifiés ou bien que la diversité des communautés soit grandement influée par la saison. Le recensement 2019 a été effectué fin février (période très humide) alors que celui de 2018 a été réalisé en avril, en fin de saison des pluies.

Un travail d’optimisation des protocoles va être mené en 2020 avant de réitérer ce recensement et ainsi déterminer s’il y a des évolutions positives ou négatives de la macrofaune du sol en fonction des différentes expérimentations, notamment sur le nouveau terrain d’expérimentation « Fertilisation ».

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1. Observation entomologique à la loupe binoculaire pour identification de la macrofaune du sol / 2. Relevé de la macrofaune du sol / 3. Emilliènne, productrice de la coopérative Equimada / 4. Relevé de la macrofaune du sol / 5. Visite chez Mr Mamy, producteur bénéficiaire / 6. Parcelle sur la coopérative Equimada / 7. Observation entomologique à la loupe binoculaire pour identification de la macrofaune du sol /


APPUI AUX PRODUCTEURS

Les plantations avec les différents groupements de producteurs se sont succédées sur ce 1er semestre, pour un total de 70 283 plants de géranium implantés, 10 236 plants de citronnelle, 6 404 plants de romarin, 393 plants d’Acacia, 116 plants de Ravinstara, ainsi que du Filao et du Tephrosia.

Cette année, la création du CEF Cœur de Forêt (Centre d’Expérimentation et de Formation) sur le site d’Ibity marque un tournant dans l‘accompagnement des producteurs par l’association. Aucune nouvelle structure juridique n’a été créé, mais c’est une nouvelle orientation d’activité ajoutée sur la plateforme d’Ibity, d’une surface de 4,5 ha. L’objectif est de former les producteurs aux techniques développées grâce aux expérimentations agronomiques. Pour cela ils sont embauchés à mi-temps par Cœur de Forêt pendant leur formation, le reste du temps ils peuvent mettre en place les techniques apprises sur leurs propres parcelles. A l’issue d’une année de formation, les producteurs formés doivent être parfaitement autonomes sur l’ensemble des techniques de culture, la transformation de la masse verte en huile essentielle et la gestion de l’exploitation (entrepreneuriat agricole).

Un terrain supplémentaire en Zone d’Intérêt Agricole va être mis à disposition de l’association Cœur de Forêt Madagascar par la Région du Vakinankaratra. Cette nouvelle surface de 8,5 ha s’étend également sur la commune d’Ibity et permettra l’installation de nouveaux groupements de producteurs.

Le groupement « Taratra » est la 1ère promotion de producteurs formés sur le CEF. La modélisation de l’itinéraire cultural du géranium et le business plan pour ce groupement sont opérationnels et il devrait être totalement autonome en milieu d’année 2020. Chaque groupement appuyé par Cœur de Forêt Madagascar bénéficie toujours d’un suivi technique en agroforesterie et d’un appui pour la commercialisation des produits cultivés ou transformés.

légende :

1. Pépinière de la coopérative Equimada / 2. Membres producteurs de la coopérative Equimada / 3. Parcelle de culture de géranium du groupement TARATRA / 4. Formation à l’entrepreneuriat agricole sur le CFE d’Ibity / 5. Parcelles de culture du groupement TARATRA / 6. Terrain mis à disposition par la société Holcim / 7. Suzanne, productrice membre de la coopérative Equimada / 8. Producteur bénéficiaire du CFE Cœur de Forêt à Ibity /


Le deuxième groupement de producteurs a commencé sa formation en novembre 2019 avec 7 premières personnes, complété en janvier 2020 pour atteindre un total de 10 producteurs. Leur formation se finira en août 2020. L’évaluation théorique et pratique des producteurs est effectuée durant toute la période de formation. Un partenariat avec la société Holcim va permettre la mise à disposition d’un terrain pour la seconde promotion accompagnée par Cœur de Forêt. Chaque producteur pourra valoriser les techniques agro-écologiques apprises sur 0,5 ha.



Distillation

La production en huiles essentielles progresse avec 100,4 kg produits en 2019. Les huiles essentielles distillées sur la plateforme d’Ibity sont de 32,5 kg de Géranium, 26,2 kg d’Eucalyptus globulus, 11,3 kg de Ravintsara, ainsi que de la Citronnelle, de l’Eucalyptus citriodora, de la Tagète, du Dingadingana, du Cyprès et du Romarin.

légende :

1. Distillation et récolte du mélange huile essentielle et hydrolat / 2. Producteurs à Ambositra / 3. Sortie pédagogique avec des élèves à Betafo / 4. Parcelles de citronnelle de la coopérative Equimada / 5. Distillation d’huiles essentielles / 6. Producteur membre de la coopérative Equimada /

SENSIBILISATION Le programme de sensibilisation, initié en 2018, s’est poursuivi auprès des établissements scolaires. Le projet « jardin d’avenir » a été mis en place sur une zone pédagogique de plantation de 3 000 m2, en partenariat avec la Direction Régionale de l’Environnement et du Développement Durable (DREDD) qui a mis les terrains à disposition. Un « diagnostic écologique » a ensuite été fait sur cette zone, pour aboutir à la rédaction d’un document de gestion en partenariat entre l’école et Cœur de Forêt Madagascar. Plusieurs activités ont également été déployées autour de cet objectif de plantation : une sortie botanique, un herbier confectionné par l’établissement et une réunion d’information proposée aux parents d’élèves.

La formation des enseignants en pédagogie active s’est concrétisée avec la signature d’une convention de partenariat avec Havana Education. Dix séances doivent être dispensées aux enseignants, ainsi que deux séances de suivi. En parallèle, Cœur de Forêt Madagascar organise un module de formation de 6 séances en interne pour compléter les acquis. Un guide d’éducation à l’environnement à destination des enseignants a également été développé pour permettre aux professeurs d'adapter le message aux élèves sur les problématiques environnementales. Enfin, une formation des professeurs en langue française a également commencé en novembre pour 15 séances de 2h.

L’exposition itinérante a été réalisée cette année par une classe sur le thème de l’eau et a pu ensuite voyager dans les écoles de 4 communes en juillet et août. L’association Cœur de Forêt Madagascar a pu participer à différents évènements de sensibilisation au cours de l’année dont les Journées Mondiales de la Forêt en mars. A cette occasion, un concours d’œuvre d’art intitulé Le TONTOLO IAINAN’ART a été proposé aux enfants et adolescents. Fort de son succès, un second concours TONTOLO IAINAN’ART a été organisé pour la journée mondiale de l’Environnement le 5 juin et s’est déroulée en partenariat avec l’Alliance Française, la Région du Vakinankaratra et la DREDD. Les jeunes participants ont mis leurs talents à l’œuvre à travers la discipline de leur choix et sur le thème de l’environnement.

Au total, 1442 enfants et adultes ont été sensibilisés à travers notre programme environnemental de sensibilisation.

légende :

1. Sortie pédagogique avec des élèves à Betafo / 2. Formation en cascade des enseignants aux enjeux environnementaux / 3. Sortie pédagogique de lecture de paysage / 4. Exposition itinérante dans les collèges / 5. Formation des enseignants aux thématiques du développement durable / 6. Concours art & environnement «tontolo iainan’ART I» / 7. Préparation de l’exposition itinérante à destination des collèges / 8. Session de reboisement avec les élèves /

VALORISATION ET APPUI ECONOMIQUE

La méthodologie d’action de Cœur de Forêt intègre un développement économique et commercial au profit des petits producteurs. Deux sociétés locales existent, Les Boutiks Cœur de Forêt et Fon’Ala, afin de commercialiser respectivement sur le marché local et à l’exportation. Le rôle de ces deux structures est d’appuyer la commercialisation des produits cultivés par les producteurs locaux dans un modèle équitable, notamment ceux appuyés sur la plateforme d’Ibity, la coopérative Equimada mais également par les producteurs du projet Cœur de Forêt Madagascar Masoala dans le nord de l’île.

Cette année, les structures ont effectué un gros travail de réorganisation interne, de planification des activités économiques et de suivi comptable, notamment avec le passage sur le logiciel comptable et commercial Openflex. Un audit financier par un cabinet d’expert-comptable est réalisé annuellement. La boutique de Tana a été fermée pour privilégier des actions plus décentralisées dans les hôtels ou centres touristiques. De plus, elles poursuivent la réalisation de diagnostics préliminaires dans le cadre du code de conduite via les visites d’évaluations des producteurs fournisseurs. 3 visites ont été réalisées au cours du 1e semestre pour valider l’application du code de conduite : chez M. Bernard, M. Andry et M. Solofo. Les plans d’actions correctives ne pourront être mis en place que chez des fournisseurs chez qui les volumes d’achats sont significatifs.

En 2019, Fon’Ala a exporté 479 kg d’huiles essentiellesdont167 kg de Géranium Bourbon et 97 kg de Saro, ainsi que 956 kilos de résine de Canarium. Les deux sociétés réalisent un chiffre d’affaires de 223 328 356 Ar soit environ 55 832,089 € pour Fon’Ala et 95 017 847 Ar, soit 23 754 €, pour Les Boutiks Cœur de Forêt. Plus de 50% du CA est directement reversés au producteur pour l’achat de matières premières, les frais qui s’ajoutent sont dépensés en frais d’analyses chromatographiques, d’emballage, de transport des produits et de frais règlementaires.Chaque année, un reversement est effectué àl’association Cœur de Forêt Madagascar pour soutenir ses activités de lutte contre la déforestation.


légende :

1. Distillation de géranium / 2. Stand lors de l’événement « Vitrine du Vakinankaratra » / 3. Stand lors de l’événement « Vitrine du Vakinankaratra » / 4. Stand lors de l’événement « Vitrine du Vakinankaratra » / 5. Préparation de la masse verte de géranium avant distillation / 6. Hangar de distillation de la coopérative Equimada / 7. Foire Z’ovy : sensibilisation des visiteurs à l’utilisation des huiles essentielles et à la reforestation /


Télécharger le rapport annuel en PDF (et découvrez des infos inédites non restranscrites dans l'article ) :

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