• Alice Gontier

Un gramme de cocaïne c'est 4 m2 de déforestation !

Dernière mise à jour : 8 juil. 2020

Un gramme de cocaïne engendre en moyenne 4 m2 de déforestation (Source : Natural History Museum de Londres).

Certains pays comme le Honduras, le Guatemala et le Nicaragua voient leurs parcs nationaux, pourtant protégés, endommagés par les pistes d'atterrissage et les routes clandestines construites pour acheminer de la drogue vers les pays industrialisés consommateurs. Des forêts tropicales humides abritant une biodiversité très riche y sont ainsi détruites, mettant également en danger de nombreux peuples autochtones et populations rurales dont le mode de vie repose sur les biens et services offerts par les forêts.

Le développement du narcotrafic s’accompagne indéniablement d’une intensification de la déforestation dans ces pays. Elle aurait quadruplé au Honduras entre 2007 et 2011.

Les narcotrafiquants blanchissent ensuite leur argent dans des activités aggravant un peu plus la déforestation, comme la production intensive d’huile de palme ou l’élevage de bétail.


En Colombie, 1er producteur mondial de cocaïne, les surfaces dédiées à la monoculture de coca ne cessent de s’étendre au détriment de la faune et de la flore locale, avec l’utilisation importante d’intrants toxiques. 6000 espèces animales y seraient ainsi menacées. Les produits toxiques (acétone, kérosène…) employés dans la fabrication de la cocaïne se retrouvent déversés dans la nature et l’eau.

Cœur de Forêt intervient en Bolivie, 3ème producteur mondial de cocaïne. Consommée sous forme de feuilles à mâcher, de manière traditionnelle par la population, la coca représente aujourd’hui près de 1% du PIB du pays et représente une source de revenus essentielle pour de nombreux producteurs.⠀Alors que les terres forestières sont rasées pour cultiver de la coca, il est urgent de développer des alternatives à cette culture destructrice sur le plan environne-mental, tout en prenant en compte les intérêts financiers des producteurs locaux. Grâce à l’agroforesterie et l’apiculture, les cultures sont diversifiées et la fertilité des sols est entrete-nue, ce qui permet d’éviter aux producteurs d’avoir à défricher sans cesse de nouvelles surfaces.



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